Les personnes handicapées sont souvent victimes de stigmatisation. Que ce soit sur le plan professionnel ou dans la vie courante, elles sont victimes de rejet suite aux handicaps qu’elles portent. Pour ces personnes, trouver un taxi par exemple pour se déplacer est un véritable parcours du combattant aussi bien aux heures d’affluence qu’en temps normal.

Un reporter de Guineematin.com a donné la parole à ces handicapés physiques qui vivent l’enfer quand ils veulent emprunter un taxi pour se déplacer. Leur quotidien est aussi déplorable que choquant.

Les handicapés traversent des moments difficiles quand ils veulent effectuer un long trajet. Ils accusent les chauffeurs de taxi de refuser de les prendre.

Oumar Sow

Oumar Sow, handicapé, assis à l’entrée de la maison des jeunes de Ratoma, dénonce la stigmatisation dont il est victime de la part des chauffeurs de taxi. « Le matin, ce n’est pas facile pour moi de trouver la voiture pour quitter Hamdallaye et venir ici. C’est avec mon vélo que je m’efforce pour me déplacer. Quand tu signale les taximen, ils disent toujours que le coffre est condamné, qu’ils ne peuvent pas me prendre. Ils font ça parce que nous sommes des handicapés. Parfois même certains nous disent que nous sommes sales et que quand on monte dans leurs taxis, on va salir les autres clients. Nous, nous sommes assis par terre, c’est l’argent qu’on cherche pour se nourrir. Nous sommes des humains comme eux. On souffre beaucoup. Mais, qu’est-ce qu’on peut faire ? Ce n’est pas bon ce qu’ils nous font subir…».

Sidiki Camara, handicapé et originaire de Kouroussa

Sidiki Camara, handicapé et originaire de Kouroussa, quitte Ratoma Dispensaire pour se rendre chaque jour à Madina pour aller mendier. Il explique les conditions dans lesquelles il s’y rend. « Les taximen ne s’arrêtent pas pour nous. Tu peux t’asseoir à chercher la voiture du matin jusqu’à 19 heures et tu n’auras personne pour te prendre. Devant les chauffeurs de taxi, nous ne sommes rien ; pour eux, nous ne sommes pas des humains. Que tu sois aveugle ou paralysé, nous traversons la même souffrance ».

Aziz Diallo, handicapé

Quant à Aziz Diallo, il quitte la Cité-Solidarité à l’aide de son tricycle pour rejoindre Kaloum où il est cordonnier. Il est aussi victime de cette stigmatisation. « Moi tellement je suis déçu, je ne cherche plus voiture. Parce que le problème est que les taximen ne prennent pas les handicapés. Moi, je me déplace avec mon vélo. Je quitte ici jusqu’en ville avec mon vélo. Je suis cordonnier à la Bluezone de Kaloum. Tu t’arrêtes pour chercher un taxi, tu vas passer deux ou trois heures assis sous le soleil personne ne te regarde. D’autres pensent même que nous ne payons pas le transport. Mais c’est faux, nous payons le transport. Ils ne sont pas obligés de nous laisser notre argent mais, si on arrête les taxis, ils doivent comprendre que nous sommes prêts à payer. Mais ils ne calculent pas ça ».

Madame Fatou Cissé

Fatou Cissé, rencontrée à la mairie de Ratoma, a profité de l’occasion pour lancer un appel au gouvernement afin de trouver une solution à ce phénomène qui prend de l’ampleur. « Moi, je quitte la Cité Enco-5 pour venir ici. Pour avoir la voiture, c’est tout un tas de problème. Les chauffeurs nous dépassent parce que nous n’avons rien. Ceux qui ont des moyens, ce sont eux qu’ils prennent. Mais c’est au gouvernement de mettre fin à tout ça. Le gouvernement n’a qu’à faire à cause de Dieu pour penser aux personnes handicapées. Nous n’avons pas les moyens… ».

Amara CONDE, chauffeur

Les chauffeurs, pointés du doigt dans cette stigmatisation, ont leur explication. Amara CONDÉ explique les motifs pour lesquels les chauffeurs n’acceptent pas de prendre les handicapés. « Vous savez, les chauffeurs ne sont pas les mêmes et ils n’ont pas la même foi. Ce que les handicapés disent, ce n’est pas faux. Mais il y a certains parmi eux, quand ils montent dans ta voiture, ils peuvent tout faire pour créer un petit problème entre vous. C’est pourquoi il y a d’autres chauffeurs qui ont peur de les prendre. Mais moi personnellement, si je vois les handicapés, surtout quand il y a assez de monde, je leur donne la priorité. Et souvent, même le transport ils ne payent pas. Je demande juste aux chauffeurs d’avoir pitié des handicapés parce qu’ils n’ont pas voulu être comme ça. C’est la volonté de Dieu ».

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59 § 666 87 73 97

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