Fermées au mois de mars dernier pour cause de COVID-19, les écoles guinéennes ont rouvert leurs portes ce lundi, 29 juin 2020, aux « élèves en classe d’examen ». La décision de cette « réouverture inquiétante » des classes a été prise par le gouvernement, via les trois départements en charge de l’éducation (Alphabétisation, Enseignement technique, Enseignement supérieur), malgré la hausse du nombre de cas positifs au COVID-19 que connait actuellement le pays.

Mais, à Conakry, cette rentrée des classes n’a pas été effective dans certaines écoles. C’est le cas notamment au lycée Elhadj Boubacar Biro Diallo de Sangoyah, dans la commune de Matoto, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Dans cette école, créée en 1962, quelques élèves en « bleu et blanc » et des enseignants ont répondu présents à l’appel. Et, comme annoncé et exigé par le ministère en charge de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, un kit de lavage des mains est placé à l’entrée de la cour de cet établissement scolaire. Un autre kit de lavage des mains est placé aussi au niveau des escaliers du bâtiment principal qui abrite quelques classes et les bureaux de la direction de ce temple du savoir. Actualité oblige, le coronavirus sévit encore à Conakry qui est toujours l’épicentre de cette maladie en Guinée.

Cependant, de toutes les mesures barrière, c’est seulement le lavage des mains qui semble obligatoire dans cette école en cette période de crise sanitaire. La distanciation sociale est carrément foulée au sol par l’ensemble des élèves et des enseignants qui y étaient présents ce lundi matin. Le port de masque est quasiment ignoré par la grande majorité des élèves et des enseignants qui ont rallié cet établissement scolaire, après trois mois d’absence pour cause de COVID-19.

Interrogés par Guineematin.com, les élèves, formant des groupuscules à l’intérieur de la cour, se sont mis à jouer au cache-cache devant notre micro. Personne d’entre eux ne voulait être interviewé. « Parle pour nous ! Toi aussi parle pour nous ! » disaient-ils, tout en s’éloignant malicieusement du micro qui leur était tendu pour recueillir leurs sentiments par rapport à cette réouverture des classes.

Le constat a été quasiment le même chez les enseignants. « Allez-y voir le proviseur, il est dans son bureau », nous a conseillé un enseignant qui voulait échapper à nos questions.

De son côté, le proviseur de cet établissement semblait plus intéressé par les causeries entre enseignants que par notre présence ou le respect des mesures-barrières de prévention contre la COVID-19. Dans son bureau, ils étaient trois ; et, personne d’entre eux ne portait un masque. « Vous êtes le deuxième journaliste qui est venu ici ce matin. Je vais vous dire ce que j’ai dit au premier. La réouverture n’a pas été effective. Revenez lundi prochain pour voir », a-t-il dit, tout en nous tournant le dos.

A noter que les écoles rouvrent en Guinée à un moment où le nombre de contamination au coronavirus est en net hausse dans le pays. A date, on y dénombre officiellement 5 342 cas confirmés de COVID-19 dont 31 décès hospitaliers ; alors que les écoles avaient été fermées à cause de cinq (5) cas confirmés de coronavirus et mille (1 000) contacts…

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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