Le procès d’un groupe de dix personnes, dont le directeur préfectoral de l’environnement, poursuivis pour l’abattage d’un lamantin, s’est ouvert dans la journée d’hier, lundi 29 juin 2020, au Tribunal de Première Instance de Siguiri. Le principal prévenu dans cette affaire, Balama Camara, pêcheur de profession, est revenu sur les circonstances dans lesquelles il a tué cet animal intégralement protégé, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est à la date du vendredi, 19 juin 2020, que des pêcheurs du district de Kinièbakoura ont abattu un lamantin, animal en voie d’extinction, intégralement protégé. Dans cette affaire, dix personnes sont poursuivies, dont le directeur préfectoral de l’environnement, des eaux et forêts de Siguiri.

A la barre, le principal prévenu, Balama Camara, reconnaît avoir abattu lamantin, mais qu’il a reparti en trois tas pour Kinièbakoro, Tiguibiri et Siguiri-ville. « Ce jour, j’étais au débarcadère pour le réparer parce qu’il était dégradé. Soudain, j’ai vu un mouvement au fleuve, j’ai pris la pirogue avec mon enfant. Arrivé au milieu du fleuve, j’ai vu que c’est un lamantin. Nous l’avons pourchassé jusqu’à l’attraper. Nous l’avons mis dans la pirogue. Comme l’animal se débattait dans la pirogue, on l’a a tué. J’ai informé le président des pêcheurs, qui est mon jeune frère. Après, il a informé les autorités de Siguiri ».

Informé de l’abattage de l’animal, les responsables de l’environnement lui ont dit qu’il a commis une erreur. « Sur les lieux, le directeur préfectoral de l’environnement, des eaux et forêts, accompagné de trois autres cadres, sont venus. Quand ils sont arrivés, le directeur m’a dit qu’on a commis une erreur, que lamantin n’est pas un animal à tuer, qu’il est protégé. Il m’a demandé ce qu’on devait faire. Je lui ai répondu que l’année passée, une pirogue a disparu avec 6 personnes. Comme Dieu nous a donnés la chance d’avoir cet animal, je veux qu’on en fasse un sacrifice : Siguiri une part, Tiguibiri une part et Kinièbakoro une autre. Ensuite, nous avons procédé au partage de l’animal », a expliqué le pêcheur.

Le tribunal a renvoyé le dossier au 6 juillet 2020 pour la suite des débats.

A suivre !

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guinneematin.com

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