Après trois mois de fermeture, les écoles, instituts et universités de la République de Guinée ont rouvert leurs portes hier, lundi 29 juin 2020. La décision a été prise conjointement par le gouvernement, à travers les trois ministères en charge du système éducatif guinéen, pour tenter de sauver l’année scolaire. Et, pour ce premier coup d’essai, ce sont les « élèves en classe d’examen » et les « étudiants » qui vont servir de cobaye. Si tout se passe bien, les « élèves des classes intermédiaires » reprendront le chemin de l’école au mois de septembre prochain. Seulement, bien que salutaire, cette réouverture des classes est inquiétante. Car, elle se passe à un moment où la Guinée est encore plus éprouvée par la maladie due au nouveau coronavirus.

La mesure portant fermeture des écoles avait été annoncée le 26 mars dernier par le président Alpha Condé, soit dix jours après que la Guinée ait enregistré son premier cas confirmé de COVID-19. A ce moment là, le pays ne comptait que cinq cas confirmés de COVID-19. « A ce jour, notre pays connait cinq (5) cas de personnes infectées par la maladie, dont un (1) cas de guérison et plus de mille (1 000) personnes contacts en situation d’observation médicale », avait rappelé le chef de l’Etat guinéen dans son adresse à la nation.

Pour ces cinq cas positifs seulement, sans aucun décès, Alpha Condé avait qualifié la situation de « moment difficile », tout en soulignant la nécessité de renforcer davantage « les premières mesures d’urgence de riposte » qui avaient été prises à l’apparition du coronavirus dans le pays.

Aujourd’hui, malgré les efforts certes louables qui ont été déployés pour lutter contre le coronavirus, aucun élément ne laisse entrevoir un ralentissement de cette maladie dans le pays. La maladie se propage avec des contaminations communautaires ; et, le nombre de contaminations ne fait que grimper. A ce jour, la Guinée compte officiellement 5342 cas confirmés de COVID-19 (soit plus de 1 068 fois le nombre de cas qui existait au moment de la fermeture des classes) dont 31 décès hospitaliers. Avouons-le : la situation « difficile » de l’autre fois est devenue à la fois « compliquée et inquiétante ». Et, pourtant, c’est avec cette situation au moins 1 068 fois plus difficile que celle du 26 mars dernier que les autorités ont pris la décision de rouvrir les classes et de faire reprendre aux élèves et enseignants le chemin de l’école.

Et si les écoles devenaient des foyers de contaminations à la COVID-19 ?

Pour la journée d’hier, lundi, les kits de lavage des mains ont manqué dans plusieurs établissements scolaires de Conakry et de l’intérieur du pays. Pas l’ombre d’un thermo-flash (pour prélever les températures) n’était visible. Et, à part dans les salles de classes, la distanciation sociale et le port de masques étaient relégués au dernier plan par beaucoup d’élèves et enseignants qui se sont rendus dans les écoles. Ces manières (fouler au sol les mesures-barrières de prévention) sont pourtant de nature à favoriser la propagation de la COVID-19.

Si cela perdure, on ne le souhaite pas, au lieu d’être un « temple du savoir », l’école guinéenne sera tout simplement un « foyer de contamination à la COVID-19 ». Et, avec la pléthore qu’on connaît dans nos écoles (surtout publiques) les risques de propagation du coronavirus en milieu scolaire sont éminents. Car, les élèves des classes intermédiaires sont attendus au mois de septembre prochain pour la reprise des cours.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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