Ismaël Condé, premier vice-maire de la commune de Matam

La transhumance politique occupe toujours la Une de l’actualité nationale. Avec en toile de fond le départ de trois personnes de leur formation politique pour une autre. Ces traitres pour les uns et convertis pour les autres, selon George Clémenceau, continuent de faire parler d’eux. Si Thierrno Souleymane Diallo et Ismaël Condé, qui ont quitté respectivement l’UPR pour les NFD et le RPG pour l’UFDG épargnent leur ancien parti, Badra Koné, lui, fait monter les enchères.

Les deux derniers adoptent une approche et une stratégie totalement différentes. Ismaël Condé œuvre pour l’implantation du parti auquel il vient de faire allégeance dans sa région. Il estime que ce parti « fait peur aux siens ». Ce qui veut dire qu’il compte travailler pour dissiper cette peur afin que le président de ce parti soit le prochain locataire de Sékoutouréya.

Dans son combat Ismaël Condé n’a jamais émis la moindre critique contre la personne d’Alpha Condé. Pas même le RPG. Son seul et unique combat aura été le respect de la constitution de mai 2010. Sa lutte est donc une lutte pour des principes et des valeurs. Et c’est en cela qu’il est différent de beaucoup d’autres acteurs politiques. Y compris Badra Koné sur lequel nous allons revenir.

A la place d’Ismaël Condé, beaucoup auraient commencé à tirer à boulet rouge sur son ancien parti. En mettant sur la place publique ses défauts voire ses secrets. Mais, il se focalise sur le présent et le futur et non sur le passé. Certes on ne doit pas oublier le passé. On doit tirer les leçons de ce passé pour se projeter dans l’avenir. Mais, ce passé ne doit pas être le cheval de bataille de celui qui veut avancer.

Badra Aliou Cheickna Koné, président du mouvement Nouvelle Génération Politiques, NGP

A l’opposé d’Ismaël Condé, Badra Koné, lui, veut régler ses comptes avec son ancien mentor. En l’occurrence Sidya Touré. Rejoignant ainsi le fameux groupe qui a innové en Guinée, en créant un nouveau concept unique en politique : c’est l’opposition à l’opposition. Comme nous l’avons vu ces dernières années, certains hommes politiques, particulièrement les nouveaux sur l’échiquier, sont plus opposés à l’opposition qu’au pouvoir. Cette stratégie n’est pas payante. La plupart de ceux qui se sont aventurés y ont laissé des plumes.

Un opposant qui s’oppose à un autre opposant ne sera jamais lui –même un vrai opposant. Encore moins un président. Il est vrai qu’il est plus facile de s’en prendre à un opposant qu’au président et à sa toute puissante machine du RPG. Mais, l’opposition ne signifie pas toujours et forcément des critiques. Un opposant peut aussi et surtout faire des propositions. Par exemple, au lieu de nous dire qu’il est né l’année à laquelle Sidya Touré est devenu Premier ministre pour brandir cela comme un handicap pour le « vieux », Badra Koné aurait dû nous dire comment il compte faire pour transformer les échecs de l’UFR pour la conquête du pouvoir en réussite.

Thierno Souleymane Diallo, dit Obama

On ne va jamais grandir en rabaissant les grands. C’est probablement ce que les deux autres jeunes ont compris. Thierno Souleymane Diallo a quitté l’UPR sans égratigner Bah Ousmane. Sans doute qu’il a tiré les leçons de son départ fracassant de l’UFDG annoncé à l’époque comme un séisme politique au sein de ce parti. Dans une interview sur notre quotidien électronique, le nouvel adhérent aux NFD dit être en parfaite entente avec ses anciens amis de l’UFDG.

Ismaël Condé est dans la même logique. La lutte politique est une lutte pour des valeurs et non une lutte entre des personnes physiques. Que les jeunes qui apprennent la politique nous épargnent la personnalisation du débat. Qu’ils nous proposent des solutions aux problèmes qui assaillent la Guinée. Tout le reste est superflu.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 664 27 27 47

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