Depuis l’allègement de l’état d’urgence sanitaire, le constat révèle que bon nombre de citoyens de la commune urbaine de Kankan négligent les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, notamment le port de masques. Selon le constat fait sur place par le correspondant local de Guineematin.com, les mesures annoncées par le président de la République sont très peu observées par les citoyens.

Depuis l’allègement des mesures de restriction, trois (3) cas COVID-19 ont été retrouvés à Kankan et quatre (4) autres du côté de Kouroussa. Mais, aujourd’hui, presque toutes les mesures en vigueur dans le cadre de la lutte contre cette pandémie sont pratiquement ignorées. Dans les gares routières, les marchés, les lieux de culte, les boites de nuit et tous les autres espaces publics, on note une absence totale des kits sanitaires de lavage de mains.

Le constat révèle que les citoyens ont repris leur habituelle vie sociale, les grands regroupements, notamment lors des cérémonies de mariages, de baptêmes, de funérailles et autres cérémonies sociales se déroulent comme si la Covid-19 était déjà derrière nous. Désormais, pour se saluer, les populations n’hésitent plus à se serrer la main et certains se jettent dans les bras pour les traditionnelles accolades. Personne ne parle plus de distanciation sociale de nos jours…

Le contrôle du port des masques de protection n’est plus de rigueur. Ce qui fait que ce sont quelques rares citoyens qui continuent d’en porter. Pour Idrissa Camara, on ne doit plus accorder de l’importance aux gestes barrières. « Nous savons réellement que la maladie existe en Guinée. Mais, à Kankan, ce sont des mensonges qu’ils nous racontent ici. Les gens ne refusent pas de porter la bavette, parce qu’ils n’ont pas confiance à l’existence de la maladie, non ! Certains portent et d’autres ne portent pas. Ici, si on veut, on porte ; et, si on ne veut pas aussi on ne porte pas de masques. Seulement, si les gens voient des policiers, ils portent pour ne pas payer les 30 000 de contraventions », explique ce citoyen.

Pour sa part, Alhassane Bah estime ce laisser aller qu’on constate dans la ville de Kankan est dû à l’allègement de l’état d’urgence sanitaire. « Le port des bavettes était obligatoire avant ; mais, depuis la dernière sortie du Président de la République annonçant la levée du couvre-feu à l’intérieur du pays, cette mesure n’est plus respectée à Kankan. C’est pourquoi, d’autres doutent de l’existence de la maladie. L’autorité connait sa mission, il faut qu’elle s’engage à protéger la population », conseille-t-il.

Selon les statistiques officielles du Gouvernement, publiées quotidiennement par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), la République de Guinée a enregistré, du 12 mars au 08 juillet 2020, un total de 5 881 personnes positives au Covid-19. Parmi elles, 4 672 sont sorties guéries de la maladie et 36 sont décédées. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles certains Guinéens banalisent la pandémie. « Combien de personnes sont décédées d’autres maladies ou d’accidents depuis le 12 mars ? », interrogent certains citoyens pour conclure que la Covid-19 est belle et bien une pandémie qui existe en Guinée ; mais, elle ne fait pas autant de dégâts qu’on le fait croire au point d’empêcher les citoyens de mener convenablement leurs vies et aux fidèles d’accéder aux lieux de culte, etc.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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