Bah Oury

Dans une déclaration rendue publique récemment, des membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) ont dénoncé le chronogramme fixé par l’institution pour la tenue du premier tour de la présidentielle en Guinée en octobre prochain. Interrogé à ce sujet ce jeudi, 9 juillet 2020, l’opposant Bah Oury salue la démarche de ces commissaires et les invite à aller jusqu’au bout.

Les commissaires de la CENI, issus de l’opposition, ne partagent pas le chronogramme de l’organe de gestion des élections en Guinée. Ils dénoncent, ente-autres, la compression des délais pour l’enrôlement des électeurs, la non-prise en compte du dé-doublonnage…

Même s’il déplore une sortie tardive, Bah Oury tout de même la démarche des commissaires qui dénoncent le chronogramme élaboré en prélude à la présidentielle du 18 octobre 2020. « J’aurais voulu que dès le début, lorsque la CENI a fait un communiqué pour indiquer qu’à l’unanimité les commissaires de cette institution se sont accordés sur la proposition de la date du 18 octobre, que la dénonciation de ce fait se fasse immédiatement. Ça c’était fait le 20 juin. Presque trois semaines après, il y a cette décision que je salue, que je loue et que je considère comme tout à fait respectable des commissaires qui ont marqué leur défiance par rapport à ce chronogramme. Et j’ai lu leur déclaration, il y a des aspects pertinents qui montrent le trou bayant qui existe, la volonté de faire une élection crédible, transparente, notamment en ce qui concerne le fichier électoral et ce qui existe à l’heure actuelle ».

D’ailleurs, Bah Oury invite ces commissaires à ne pas se limiter là eu égard au rôle qui leur est dévolu. « J’exhorte les commissaires à aller jusqu’au fond. Il faut qu’on tranche les problèmes de manière définitive. Cette CENI, collectivement, elle ne peut pas se soustraire à sa responsabilité vis-à-vis du pays tout entier. Et demain, on ne pourra pas dire c’est tel ou tel commissaire qui avait fait ceci-ci ou qui n’avait pas fait cela. Donc ce que je demande, c’est qu’il y ait de la cohérence, qu’il y ait de la responsabilité, et qu’il y ait aussi la possibilité de trancher définitivement les problèmes.

Pour l’opposant, ces commissaires ne doivent plus s’associer aux travaux de la CENI. Ils doivent jeter l’éponge et quitter le navire. « Une institution qui ne fonctionne pas telle que sa mission originelle, ceux qui marquent leur défiance vis-à-vis de cette institution doivent en tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent, pour ne pas être éclaboussés et discrédités pour l’avenir. On ne peut pas faire vivre quelque chose qui est en train de ruiner la paix et la stabilité de la Guinée. Et la CENI a contribué à permettre au pouvoir en place d’organiser le 22 mars avec toutes les conséquences tragiques et politiques que ça a amené dans notre pays. Donc, il ne faudrait pas que cela puisse continuer. Donc, je demande à ces commissaires de redoubler encore d’efforts. Il faut trancher le cordon ombilical avec l’attitude qui consiste à dire ‘’j’y suis, j’y reste ; mais, je ne suis pas d’accord’’. A partir d’un certain moment, cette attitude ne peut plus être de mise. La situation est suffisamment grave, il faut trancher le cordon ombilical avec une CENI qui ne respecte pas les aspirations démocratiques et la volonté d’aller dans le sens d’une organisation transparente, crédible, acceptable par tous, pour nous permettre d’aller dans le sens de la construction de notre pays… ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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