Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) compte manifester dans moins de deux semaines dans la capitale Guinéenne pour dénoncer « les abus » du régime Alpha Condé. Pour parler cette manifestation mais aussi de la présidentielle d’octobre 2020, de la loi sur la Haute Autorité de la Communication (HAC) et de la prochaine révision du fichier électoral, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu avec Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC).

Décryptage !

Guineematin.com : le FNDC le PPC, est membre fondateur, compte manifester le 20 juillet 2020. Cette marche pourrait ne pas être autorisée surtout que vous menacer de demander le départ du président Alpha Condé.

Aboubacar Biro Soumah : comme vous le savez, le FNDC qui est une institution au service du peuple de Guinée avait suspendu toute manifestation pendant cette période de coronavirus. La structure a suspendu ses manifestations pour faire face à cette pandémie qui faisait des ravages dans le monde entier. Mais le gouvernement guinéen qui n’a pas le souci du devenir de ces citoyens a préféré profiter de cette crise pour organiser le double scrutin du 22 mars 2020. Chacun de nous a vu ce qui s’est passé le 22 mars. Ils ont tué des guinéens, ils ont arrêté des guinéens. Et le gouvernement se permet d’installer l’Assemblée Nationale qui a même siégé pendant cette pandémie. Donc, puisque le FNDC a pris un engagement vis-à-vis du peuple de Guinée pour défendre la liberté et la démocratie, a décidé de relancer sa machine pour s’opposer à l’oppresseur. Il y a eu des milliers de guinéens qui se sont sacrifiés pour être sur le chemin de la liberté et de la démocratie. Un seul individu avec son petit clan ne peuvent pas venir confisquer ça. Ce jour, le FNDC qui n’est pas un parti politique, va demander le départ du président Alpha Condé. Parce que ce que nous vivons, ce n’est pas une affaire d’Abdourahmane Sano, ni une affaire de Cellou Dalein, ni affaire de Sidya Touré. C’est un problème de tous les guinéens de quel que bord qu’ils soient. Alpha Condé n’est plus légitime, ni légal parce qu’il a fait de la haute trahison, en refusant d’installer la haute cour de justice pour juger les hauts dignitaires de ce pays. Donc cette fois ci, on n’a pas le choix. Il faut sortir pour demander son départ. Et ce jour, on demande aux guinéens de sortir. Et ils vont massivement sortir pour demander son départ, parce qu’aujourd’hui les vrais militants d’Alpha Condé, c’est la police et la gendarmerie.

Guineematin.com : l’Assemblée Nationale a clôturé la semaine derrière la session « plénière spéciale ». Parmi les lois votées figure celle sur la Haute Autorité de la Communication (HAC). Désormais, c’est le président de la République qui désigne par décret le président de la HAC. Qu’en pensez-vous ?

Aboubacar Biro Soumah : cela veut dire qu’il veut tuer la presse. Il veut museler la presse. Il y a des radios ici que le pouvoir veut fermer. Vous avez suivi les menaces contre espace FM, contre lynx FM, contre Nostalgie ? La HAC ce n’est plus pour la presse. La HAC est devenue un département de la présidence. Le président va encore reconduire madame Martine Condé qui est un élément de la présidence, elle va continuer à vous taper dessus. Il faut que vous vous attendiez maintenant à des poursuites judiciaires parce qu’ils vont modifier beaucoup contre la presse… Maintenant, ils vont arrêter les journalistes, ils vont les mettre en prison, pour atteinte à la sûreté de l’Etat, où de cyber criminalité. Tout ça, c’est pour museler la presse.

Guineematin.com : pour la présidentielle du 18 octobre 2020, quelle est la position de votre parti, le PPC ?

Aboubacar Biro Soumah : mon parti va présenter un candidat, mais pas avec le fichier actuel, pas avec la constitution actuelle. Le PPC est membre de l’opposition guinéenne, membre du FNDC. Tout ce que FNDC pose comme condition, le PPC fait partie.

Guineematin.com : quel est votre regard sur la reprise annoncée de l’enrôlement sur les listes électorales ?

Aboubacar Biro Soumah : Tout ça c’est du pipo. Parce que le code électoral dispose un délai minimum de 45 jours. Si ce n’est pas 2 mois, le minimum c’est 45 jours. Comment une CENI aux ordres, une Cour Constitutionnelle, qui ne sait rien en droit, peut se permettre de faire le jeu en révisant les délais légaux prescrits par la Constitution. Raison pour laquelle d’ailleurs nous de l’opposition, nous avons décidé de ne pas assister aux travaux inter-parties. Nous ne sommes pas dedans parce que notre objectif c’est le départ d’Alpha Condé.

Guineematin.com : depuis plus de 4 mois, la Guinée vit au rythme de la Covid-19. Comment vous voyez sa gestion par le gouvernement, le comité scientifique, et l’Agence Nationale pour la Sécurité Sanitaire (ANSS) ?

Aboubacar Biro Soumah : cette gestion évolue en dents de scie. Parfois on nous parle de la fuite dans la nature de personnes testées positives, parfois on nous parle de respect strict des mesures barrières, de la gratuité du transport, de l’eau, de l’électricité, mais on ne voit rien. Tous les actes que le gouvernement pose, c’est du mensonge. Même 5 pour cent de crédibilité on ne retrouve pas dans les actes posés par le gouvernement. Aujourd’hui, la seule chose que le peuple de Guinée demande, c’est la baisse du prix du carburant. Pour soulager ce peuple, la seule solution, c’est de diminuer le prix du carburant au moins à 6 000 francs guinéens le litre. Aujourd’hui, on parle de l’ANSS, du comité scientifique, mais tous ceux ci sont derrière Alpha Condé qui n’a aucune expérience en matière de gestion d’un pays. Son problème c’est son fauteuil présidentiel pour le 3ème mandat. Le reste, c’est du pipo.

Propos recueillis par Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/654416922

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