Les membres du réseau des voleurs bétails démantelé il y quelques mois dans la zone de Kollet, Kouratongo et la commune urbaine de Tougué viennent d’être condamnés à de lourdes peines, allant jusqu’à 5 ans de prison ferme, 60 millions de francs guinéens de dommages et intérêts à verser aux victimes et 5 millions d’amende, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

La Justice de Paix de Tougué a organisé le mardi dernier, 07 juillet 2020, le procès « Ministère Public contre les sieurs Alhassane Diallo, Oumar Diallo « en cavale) et Ibrahima Baldé poursuivis pour vol de bétail dans l’affaire du réseau qui avait démantelé dans la zone de Kollet, Kouratongo et la commune urbaine.

Les prévenus avait été arrêtés avec 8 têtes de bœufs dans le district Douroun Mangol, relevant de la commune rurale de Kollet, dans la préfecture de Tougué, alors qu’ils convoyaient les bêtes pour des marchés hebdomadaires de Dinguiraye, dans la Région Administrative de Faranah.

« Effectivement, depuis une certaine période, il y a un réseau de malfaiteurs qui profitent de la tombée de la nuit pour prendre les bœufs appartenant à des paisibles citoyens en vue de les revendre dans des marchés hebdomadaires locaux. Ces derniers temps, certains d’entre eux ont été arrêtés. Toute la population s’est mobilisée pour qu’il y ait un procès, parce que vous savez dans beaucoup de cas ces bandits-là bénéficient d’un certains soutiens de certaines autorités locales. Mais, cette fois-ci, nous nous sommes mobilisés. Nous avons-nous-mêmes menés les enquêtes en fin de permettre d’arrêter les vrais coupables. Ceux qui ont été arrêtés, c’est vraiment comme on le dit assez communément la main dans le sac puisqu’il y a eu 8 bœufs qu’on acheminait vers un marché hebdomadaire par certain nombre de personnes qui ont été arrêtées avec les bœufs. Ils se sont enfuis. L’un d’entre eux est venu avouer qu’effectivement qu’il faisait partie de l’équipe qui convoyait les bœufs pour les vendre, selon lui, avec les recommandations d’un autre citoyen. Après donc les enquêtes, c’était tellement assez clair qu’il n’y avait vraiment pas tout de doute sur la culpabilité des personnes arrêtées. Il y a eu l’un d’entre eux qui s’est enfui. Et finalement, le Tribunal a condamné le nommé Alhassane Diallo à 3 ans de prison ferme, le payement d’un montant de 60 millions de francs guinéens pour dédommager les victimes et 5 millions de francs guinéens d’amende ; Oumar Diallo (en fuite) a été condamné à 5 ans de prison ferme. Un mandat d’arrêt a été décerné à l’audience contre lui. Quelques soit le temps qu’il va passer là-bas, lorsqu’il va revenir, il sera arrêté. Il ne fait pas donc qu’il se fasse des illusions en pensant qu’en prenant la poudre d’escampette, il va se soustraire à la justice. La troisième personne qui convoyait justement le bétail, un certain Ibrahima Baldé, a déclaré qu’il ne savait pas en fait que ce bétail n’appartenait pas à Alhassane Diallo. Il a alors présenté ses excuses non seulement aux victimes mais aussi au Tribunal. Il a alors été condamné à 4 mois de prison ferme et solidairement en ce qui concerne les dommages et intérêts. Mais, comme il a déjà purgé 3 mois, d’ici un mois il va sortir. Néanmoins, le juge a tenu compte en fait de circonstance atténuantes. Le fait d’avoir avoué, expliqué et présenté des excuses et d’avoir pris l’engagement qu’il ne va plus recommencer, je pense que ce sont des éléments qui ont milité en la faveur du sieur Ibrahima Baldé. Il fallait que le juge en tienne compte. Par contre, le nommé Alhassane Diallo qui a nié systématiquement les faits et même les différents contacts, les différentes altercations qu’il a eues avec le juge lui-même, alors qu’il s’agit de choses qu’il a faites avec le juge, sans intermédiaire. Il savait pertinemment que ce n’est pas le fait de nier qui pouvait lui permettre de se soustraire. Nous estimons donc que cette décision de justice va dissuader ceux-là qui sont tapis dans l’ombre et qui pourraient éventuellement ressortir pour continuer les mêmes pratiques. Nous allons y veiller. Désormais, quiconque sera arrêté, sera traduit devant la justice et nous allons veiller à ce qu’il soit condamné. Ceux-là qui ont été condamnés vont devoir purger leurs peines. Désormais, nous n’allons pas en fait laisser quiconque échapper à la justice quand il commet un vol de bétail » a expliqué Me Thierno Souleymane Baldé, avocat de la partie civile qui a accompagné les éleveurs dans ce procès, au téléphone de Guineematin.com, dans l’après-midi de ce mardi, 08 juillet 2020, aux environs de 18 h 30.

Dans ce dossier qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives, le nom du maire de la commune rurale de Kollet, dans la préfecture de Tougué, Ibrahima Kaba Baldé a régulièrement été cité par certains éleveurs dans la presse guinéenne comme étant complice de ce réseau. Mais, au cours du procès, aucun élément sur lequel on peut asseoir la conviction du juge sur la culpabilité de l’élu n’est apparu.

Maître Thierno Souleymane Baldé

« Nous sommes des professionnels, nous ne tenons pas de propos, nous ne posons pas des actes si effectivement nous n’avons pas suffisamment d’éléments de preuves pour démontrer les faits. Il y a eu une certaine incompréhension entre le maire et certains propriétaires du bétail. Après que le vol ait été découvert, le bétail a été récupéré. Il fallait en fait payer un certain montant pour pouvoir récupérer les bœufs. Le maire avait fixé un montant de 500 mille francs guinéens par animal. Cela n’a pas plu certains propriétaires de bœufs. Le problème s’est posé, au bout du compte  le maire a remboursé la totalité du montant qui avait été payé. Il a demandé à tous les propriétaires d’aller récupérer les 500 mille qu’ils avaient payés initialement. Et comme vous le savez, il ne faut pas oublier une chose. Ce maire est assez jeune, je pense qu’il lui faut aussi avoir une certaine expérience. En tant que maire, dans certaines circonstances, il fallait en fait prendre même de sa poche pour appuyer les citoyens qui l’ont élu. Qu’à cela ne tienne ! Comme on le dit le chapitre a été clos, maintenant autorités locales et propriétaires des bœufs savent qu’il faudrait vraiment qu’il y ait une synergie d’actions afin de veiller à ce que ceux qui sont en train de commettre ces pratiques-là soient arrêtés et traduits devant la justice », a précisé notre interlocuteur.

Sur cette question, on raconte que le maire avait expliqué aux propriétaires des bêtes que les montants payés étaient à rembourser après l’arrestation des présumés voleurs qui avaient en ce moment réussi à fuir, suite à la découverte des 8 têtes de bœufs à Douroun Mangol, dans la commune rurale de Kollet.

Il est à préciser que dans son plaidoyer, Maître Thierno Souleymane a demandé à la population locale de faire confiance en la justice quelque soient les circonstances.

« Aucun citoyen n’a le droit de se rendre justice lui-même. Nous ne voulons pas qu’il y ait de la violence. Nous voulons qu’il y ait la paix et la quiétude sociale. Il faut faire recours à la justice. Il faut aussi que la Justice arrive à faire le travail pour qu’il y ait vraiment une relation de confiance entre le justiciable et la justice. C’est la seule chose qui peut nous permettre de consolider l’Etat de droit en Guinée. Nous espérons que désormais quel que soit le problème qui va se poser, les citoyens vont se tourner vers la justice de Tougué et la justice aussi va faire son travail pour qu’en fin chaque citoyen soit rétabli dans ses droits s’il y a un préjudice quelconque », a conclu l’avocat des éleveurs victime de vol de bétail dans la préfecture de Tougué.

Depuis Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334  

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