Colonel Layaly Camara, directeur national des Eaux et Forêts

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, le Colonel Layaly Camara, directeur national des eaux et forêts, a évoqué les risques liés à la destruction de l’environnement. Selon lui, de nombreux cours d’eau sont aujourd’hui menacés de disparition en Guinée, à cause de certaines pressions que subit la nature.

« Aujourd’hui, les cours d’eau sont menacés de disparition, suite à plusieurs pratiques. Nous avons par exemple la construction des fours à briques. Ces fours à briques constituent un grand danger parce qu’ils détruisent toute concession de vie lors de leur construction. Ils constituent dans certaines villes du pays, comme Kankan, Kouroussa, Faranah, de grandes menaces pour l’existence même des fleuves. Donc là-bas, dans ces différentes localités, des mesures doivent être prises pour contrecarrer cette pratique.

D’ailleurs, le président de la République, le Professeur Alpha Condé, avait donné des machines très adaptées pour la confection des briques en terre stabilisée. Mais malheureusement, ces pratiques (la construction des fours à briques) continuent. Il y aussi une autre menace importante, qui est l’agriculture itinérante. Chaque année, nous assistons à des défrichements qui qui contribuent beaucoup à l’érosion des sols, à leur appauvrissement », a-t-il indiqué.

Le Colonel Layaly Camara cite également l’urbanisation sauvage, l’exploitation minière et les feux de brousse comme étant d’autres facteurs importants qui contribuent à détruire l’environnement et qui menacent dangereusement le pays. Il regrette que toutes les campagnes de sensibilisation organisées dans le but de mettre fin à ces pratiques, n’aient toujours pas permis d’avoir le résultat escompté.

Colonel Layaly Camara, directeur national des Eaux et Forêts

« Des campagnes de lutte contre les feux de brousse sont organisées, des séances de sensibilisation sont ténues dans les zones qui sont beaucoup exposées. Mais généralement, on se heurte à des résistances parce que ces pratiques-là, il y beaucoup de citoyens qui ne sont pas prêts à les abandonner pour des questions d’alimentation, notamment la chasse, la récolte du miel ou d’autres besoins comme l’agriculture. Donc nous assistons à la mise à feu de grandes superficies.

Ce qui n’est pas du tout conseillé. Et nous pensons que la solution réside avant tout, dans l’information et la sensibilisation pour que ces populations prennent conscience du danger qui nous guette avec la destruction de notre environnement, dont le risque de perdre tous les grands fleuves que nous avons ici et qui arrosent toute la sous-région ouest-africaine », a dit le directeur national des eaux et forêts.

En plus de la sensibilisation des populations, les autorités passent aussi par des campagnes annuelles de reboisement pour tenter de restaurer le couvert végétal. Et même si cette année les efforts sont concentrés actuellement à la lutte contre le coronavirus, le ministère de l’environnement compte bien mener cette activité. « Nous sommes en train de monter le programme, nous prévoyons des activités surtout au niveau des zones prioritaires.

Je voudrais parler ici des berges des barrages, des berges de certains fleuves et des têtes des sources. Cette année, ce sont les zones les plus ciblées. Il ne faut pas l’occulter, les priorités ont beaucoup changé cette année, les partenaires se tournent beaucoup plus vers la lutte contre la Covid-19. Donc, nous avons cette inquiétude-là. Néanmoins, nous allons insister et persister pour avoir les moyens nécessaires et réaliser quelque chose de concret sur le terrain en termes de reboisement », promet le Colonel Layaly Camara.

Colonel Layaly Camara, directeur national des Eaux et Forêts

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél : 622919225 / 666919225

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