Feu Boubacar Diallo

Malgré les multiples promesses de nos gouvernants et les barrages dits de sécurité et PA érigés dans tous les carrefours de Conakry, les bandits règnent en maîtres et opèrent en toute sérénité dans la capitale guinéenne ! Hier, vendredi 10 juillet 2020, c’est un jeune pharmacien qui a été tué à Hamdallaye-Concasseur à la pharmacie Wargalan où il travaillait. Ce matin, amis, parents et collaborateurs pleuraient Boubacar Diallo pour lequel on est d’avance convaincu qu’il n’y aura pas de justice comme pour les nombreuses autres victimes de cette insécurité devenue la règle, malgré les énormes investissements dans l’entretien, la formation et la dotation en moyens matériels de nos agents chargés d’assurer la sécurité…

Boubacar Diallo, un jeune étudiant en classe de 5ème année pharmacie à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, a été tué par balle par des individus non identifiés, dans sa pharmacie, située au quartier Hamdallaye-Concasseur (près du carrefour appelé Bar Gladstone), dans la nuit d’hier, vendredi 10 juillet 2020. Il était âgé de 26 ans et est originaire de la sous-préfecture de Dogomet, préfecture de Dabola. Au lendemain de ce meurtre, les proches de la victime sont partagés entre tristesse et angoisse, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ibrahima Sory Diallo, ami de feu Boubacar Diallo, tué dans sa pharmacie à Hamdallaye-Concasseur

Ibrahima Sory Diallo est un témoin oculaire de ce crime. Ami et collaborateur du défunt, ils étaient ensemble, à l’intérieur de la pharmacie, quand les assaillants cagoulés sont arrivés sur une moto. « C’était aux alentours de 22 heures et quelques. Trois personnes cagoulées et armées sont descendues d’une moto et sont entrées nous trouver dans la pharmacie en compagnie du gardien qui était posté dehors. Les malfrats nous ont dit de leur donner tout l’argent que nous avions ; sinon, qu’ils allaient nous tuer. Nous leur avons dit qu’ils pouvaient tout prendre, mais qu’ils nous laissent en paix. Ils ont ouvert le comptoir, là où on avait l’habitude de mettre l’argent de la vente. Ils ont vidé ce comptoir. Il y avait un autre comptoir en bas, dans lequel il y avait les papiers. Nous leur avons dit qu’ils peuvent l’ouvrir ; mais, il n’y a pas d’argent dans ce comptoir. Ils l’ont ouvert ; et, effectivement, il n’y avait pas d’argent dedans. C’est ainsi qu’ils nous ont envoyés derrière, au fond de la pharmacie ; ensuite, ils ont coupé le courant. On avait une caisse derrière, là où on rangeait les factures ou quelques fois l’argent de la vente du jour jusqu’au lendemain pour pouvoir envoyer à la banque. Cette caisse était fermée, ils nous ont demandé la clé, nous leur avons dit qu’on n’avait pas la clé car le patron est rentré avec. Mais, ils voulaient à tout prix ouvrir ce casier. C’est dans ce forcing que l’un des bandits qui avait une PMK, a tiré sur le gardien. Mon ami, Boubacar Diallo, voulant tenir le gardien pour ne pas qu’il tombe. Il a aussi été tiré au cœur, à bout portant, par un des malfrats, qui pensait que mon ami voulait se jeter sur lui puisqu’il faisait sombre », a-t-il témoigné.

Mamadou Alpha Sow, proche de feu Boubacar Diallo tué dans sa pharmacie à Hamdallaye-Concasseur

Egalement interrogé au lieu du décès par Guineematin.com, Mamadou Alpha Sow, tuteur et proche de la victime, Boubacar Diallo, s’est rendu au chevet de la victime dès qu’il a appris la triste nouvelle. « J’ai été appelé à 22 heures et quelques minutes par mon jeune frère pour m’informer que son ami a reçu une balle là où il travaille, à la pharmacie, et qu’il a été admis au CMC de Ratoma. Automatiquement, je me suis précipité pour rallier les lieux. Arrivé à l’hôpital, j’ai constaté que le petit était déjà décédé. De là-bas, j’ai informé les autorités, notamment la DPJ (Direction de la Police Judiciaire), la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). Et, les médecins du CMC ont décidé que le corps soit envoyé à la morgue de l’hôpital Ignace Deen. De là-bas, on s’est donné rendez-vous avec une unité de la BRB qui s’est transportée sur les lieux pour constater les faits. De là-bas, on s’est transporté à l’hôpital Jean Paul 2 où se trouvait le gardien de la pharmacie qui a lui aussi reçu une balle au pied ; mais, heureusement, qui n’en a était pas mort », a-t-il expliqué.

Touché au plus profond de son être par cette disparition, Mamadou Alpha Sow demande aux autorités de guinéenne de tout faire pour arrêter, juger et condamner ceux qui ont ôté la vie à celui qu’il considère comme un frère. « Je retiens de lui un petit très gentil, très poli, très pieux. Il n’y a même pas longtemps, j’organisais le baptême de mon premier enfant, il était là pendant deux jours successifs avec ses amis en train de travailler. Il nous accordait beaucoup de respect, beaucoup de considération puisque ça fait plus de 5 ans qu’il est avec mon jeune frère, qu’il est avec nous…».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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