Rouguiatou Kaba, présidente des jeunes filles leaders

Les chiffres sont loin d’être exhaustifs, et pourtant ils font froid dans le dos. Selon les statistiques de la direction régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, publiées hier, vendredi 10 juillet 2020, 383 cas de viols sur mineures sont été enregistrés dans la région de Kindia au cours de l’année 2019. Et parmi eux, seulement 12 cas ont été traités par la justice, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Selon madame Aïcha Bah, directrice régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, beaucoup de victimes, toutes des petites filles, gardent encore les séquelles de leur agression sexuelle.

Aicha Bah, Directrice régionale de l’action sociale de la promotion féminine et de l’enfance

« Nous avons constaté qu’il y a trop de cas de vols dans la région de Kindia. Et le plus souvent, ce sont des fillettes de 4 à 5 ans qui sont les victimes. On se demande vraiment si c’est pour satisfaire leurs besoins sexuels que les violeurs agissent ou si c’est par simple méchanceté. Parce qu’on ne peut pas imaginer qu’une fille de 4 ans puisse satisfaire un homme sexuellement. Aujourd’hui, le phénomène fait légion dans la région alors que la loi punit sévèrement ce crime. Des jeunes filles à la fleur de l’âge, des mineures et même des bébés sont victimes d’abus sexuels. Et nombreux sont ces enfants qui gardent les séquelles psychologiques du phénomène », a-t-elle indiqué.  

Même si de plus en plus de personnes acceptent maintenant de déclarer le phénomène, madame Aïcha Bah précise que beaucoup de cas de viols sont encore passés sous silence, à cause de certains facteurs sociaux. C’est pourquoi elle interpelle les familles sur la question. « Quand il y a une famille qui est victime de viol, elle doit aller voir le chef de quartier, parce ce dernier travaille avec l’OPROGEM. Quand nous nous sommes informés, nous allons faire la prise en charge psychologique, les services de santé vont faire la prise en charge sanitaire, l’OPROGEM et la gendarmerie s’occupent de la répression et puis la justice prend en charge judiciairement.

Tout ça, c’est pour aider et faciliter la prise en charge des différentes violences à l’égard des filles, des femmes et des enfants. Donc, je les invite à agir ainsi. Car au fur et à mesure que l’on se tait, la situation devient plus grave. Quand un violeur est interpellé, jugé et condamné, cela peut dissuader d’autres. Ils ne vont pas avoir le courage de commettre les mêmes actes », a laissé entendre la directrice régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance de Kindia.

De Kindia, Mohamed M’Bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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