Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines

« L’objectif du pouvoir, c’est d’installer une délégation spéciale à Matam, une manière pour lui d’avoir la main mise sur la commune. Nous sommes face à un banditisme politique et Étatique dans ce pays… Mais, tout cela va finir bientôt », a indiqué Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR, après l’arrestation du maire de Matam.

Arrêté et placé en garde-à-vue depuis hier, lundi 13 juillet 2020, Seydouba Sacko, le maire de la commune de Matam (une des 5 de la capitale guinéenne) issu de l’UFR et son adjoint, Ismaël Condé, (ancien membre du parti au pouvoir qui a récemment rejoint l’UFDG, le principal parti de l’opposition) doivent être déférés devant le tribunal de Mafanco ce mardi. Officiellement, les deux premiers responsables de la commune de Matam sont poursuivis pour escroquerie et abus de confiance. Mais, les plaignants refusent toute communication avec les médias. Ce qui conforte la position de ceux qui accusent le pouvoir d’un règlement de comptes politiques.

Interrogé par un journaliste de Guineematin.com ce mardi, Honorable Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR, a dénoncé une instrumentalisation de la justice. Selon l’ancien député, l’arrestation de ces deux hommes n’est qu’une manœuvre politique du pouvoir visant à retirer à l’opposition la commune de Matam.

« Nous sommes dans un Etat où c’est la loi du plus fort qui règne ! Ce n’est pas la loi, les règles et les principes qui régissent la vie en société, qui sont appliqués. Alpha Condé et son système utilisent tous les moyens (sans se référer aux lois) pour kidnapper, arrêter les gens. L’objectif final pour Matam, c’est quoi ? Aujourd’hui, puisque le RPG s’est rendu compte qu’il a perdu la commune, c’est ce qui explique ces agissements. Le 1er vice-maire a rejoint l’UFDG ; le maire est de l’UFR, la commune, est pratiquement dans les mains de l’Opposition. Pour le pouvoir, il faut donc trouver des stratagèmes pour arrêter les gens. Tant qu’Ismaël Condé n’avait pas quitté le RPG, il n’avait pas de problème. Donc, ce n’est pas la loi qu’on suit. Puisque Ismaël Condé a rejoint l’UFDG, on lui créé des problèmes. Mais, le pouvoir ne veut pas s’arrêter là ; maintenant, c’est d’arrêter le maire de l’UFR. L’objectif du pouvoir, c’est d’installer une délégation spéciale à Matam, une manière pour lui d’avoir la main mise sur la commune. Mais, tout cela va finir bientôt. Nous sommes en train de nous battre. Et, à partir du 20 (date du début des manifestations du FNDC pour réclamer le départ du président Alpha Condé, NDLR), c’est autre chose qu’on va parler. Ou fait respecter les lois dans ce pays où je pense que les Guinéens doivent prendre leur responsabilité en main. Nous sommes face à un banditisme politique et Étatique dans ce pays », a dit Saïkou Yaya Barry.

Le secrétaire exécutif de l’UFR dit que le parti prendra des dispositions face à cette autre atteinte des libertés individuelles. « Le parti doit se retrouver rapidement pour prendre la décision qui s’impose. Je crois que ce n’est pas nous seulement. Les militants et sympathisants de l’UFR à Matam aussi doivent faire entendre leur voix parce que c’est eux qui ont élu le maire. Mais, d’ici là, je crois que la direction du parti doit rapidement se retrouver pour prendre les dispositions nécessaires afin de réagir. Nous n’allons pas nous taire et laisser ainsi cette situation perdurer », a-t-il prévenu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineeamtin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin