Mohamed Lamine Touré, Directeur national de l’agriculture

Comme chaque année, le ministère de l’Agriculture prépare et conduit une campagne agricole en faveur des producteurs et paysans. Cette année, les responsables concernés s’activent à élaborer des stratégies et mobiliser les efforts pour sauver le secteur des conséquences de la pandémie de la Covid-19 qui sévit en Guinée depuis le mois de mars dernier.

Pour comprendre cette stratégie, un reporter de Guineematin.com a rencontré hier, mardi 14 juillet 2020, Mohamed Lamine Touré, le Directeur national de l’agriculture.

Monsieur Touré a d’abord fait le bilan de l’année précédente, dont la production au niveau national qu’il a dit avoir été satisfaisante grâce notamment à la mécanisation agricole.

« Par rapport 2019, ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a pris en compte les filières vivrières, fruitières et les filières de rente. Le gouvernement a mis des stratégies qui nous ont permis d’appuyer tous les producteurs dans le cadre de l’élargissement des possibilités au niveau des superficies et l’augmentation de la production. Dans le cadre de la mécanisation, on a mis en place sept centres agricoles à travers le pays. Il s’agit de Kankan, Koba, Forécariah, Koundara, Faranah, Mamou. Chaque centre a au moins 20 tracteurs et 20 moissonneuses/batteuses. Ce qui a permis de réduire les coûts de production pour les paysans. Egalement, des équipes techniques, des semences améliorées et des quantités énormes d’engrais ont été mises à la disposition des paysans », a expliqué Mohamed Lamine Touré.

Le Directeur national de l’agriculture estime que la campagne 2019/2020 a été plus ou moins bonne : « nous ne connaissons pas la famine comme les pays sahéliens. Nous sommes un pays à vocation agricole. Mais, nous nous battons pour une agriculture de marché. Une agriculture pour créer la richesse. De nos jours, de plus en plus de surfaces agricoles sont aménagées et les paysans sont formés aux techniques agricoles. Grâce à ces efforts, les rendements ont suivi les investissements. Des projets agricoles ont obtenu ici six (6) tonnes par hectare. Au niveau des paysans, il y en a qui ont trois (3) tonnes à l’hectare par endroit. Les semences sont de bonnes qualités et des centres semenciers sont ouverts dans plusieurs localités du pays. Et, nous visons un objectif de dix (10) tonnes par hectare avec les conditions favorables de chez nous…», s’est félicité le directeur national de l’agriculture.

Pourtant, le riz est toujours importé pour la consommation locale. Mais, monsieur Condé a son explication. Pour lui, il n’est pas facile de lier les rendements agricoles aux importations de riz dans le pays.

« Si vous allez à la douane, les opérateurs économiques déclarent des quantités de riz à importer qui ne sont pas en rapport avec ce qui est débarqué au port ou tout au moins consommé sur place. Nous sommes à 100 kg de riz par habitant en Guinée. Pour les 12 millions d’habitants, c’est facile d’établir le besoin. Aujourd’hui, la production agricole a réellement augmenté en Guinée », insiste ce responsable du département de l’agriculture.

S’agissant des dispositions prises pour la campagne agricole 2020/2021, Mohamed Lamine Touré annonce des projets en faveur des paysans. « La mécanisation va être renforcée et au moins 52 mille tonnes d’engrais sont prévues pour aider les paysans. Il vous souviendra qu’avant 2010, la Guinée n’utilisait presque pas d’engrais. Mais depuis 2011, le Chef de l’Etat a mis à la disposition des petits producteurs une quantité importante d’engrais fortement subventionné. Et, il y a 2 à 3 ans, le gouvernement a mis à la disposition des paysans, cent (100) mille tonnes d’engrais, grâce au partenariat entre la Guinée et le Maroc ».

Enfin, face à l’impact de la Covid-19 sur le secteur agricole, le directeur national de l’agriculture jure que son département est à pied d’œuvre. « Le département agricole mesure l’impact que cela pourrait avoir sur le secteur agricole. Malgré tout, les activités se poursuivent sur le terrain. Et, déjà, nous nous frottons les mains avec la bonne pluviométrie. Les machines sont là, les intrants sont livrés, des missions techniques sont déployées et nous continuons la sensibilisation pour le respect des gestes barrières par les producteurs à tous les niveaux. Mais, pour être sûr de l’impact, nous attendons les récoltes que nous pensons être moins impactées par la pandémie », a conclu Mohamed Lamine Touré.

Propos recueillis par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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