En Guinée, l’Etat à décidé de la distribution gratuite de certains produits pharmaceutiques dans les structures sanitaires du pays. Avec l’appui des partenaires internationaux, la pratique se constate tant bien que mal dans les localités. Des produits contre le paludisme, les antirétroviraux, les produits pour le suivi des femmes enceintes se donnent gratuitement dans les hôpitaux. Mais avec l’existence du Coronavirus, on note une pénurie des ces produits à Boké, obligeant de nombreux patients à se rabattre sur les pharmacies privées, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

A Boké, on observe une pénurie pour certains produits pharmaceutiques habituellement gratuits et à forte demande. La pandémie du Covid-19 est pointée du doigt par les spécialistes pour expliquer les causes de la rupture. C’est ce qu’a laissé entendre Dr Mamadou Adama Diallo, responsable du dépôt pharmaceutique de la pharmacie centrale de Boké.

Dr Mamadou Adama Diallo, responsable du dépôt pharmaceutique de la pharmacie centrale de Boké

« Effectivement, nous recevons des médicaments que nous approvisionnons de façon gratuite aux structures de santé de la région. Ces produits sont dans le cadre de la lutte contre le paludisme, le VIH SIDA, la tuberculose, ou encore la santé de la reproduction… C’est vrai que parfois, certains de ces produits manquent. Mais, actuellement, la rupture s’est accentuée et c’est en rapport avec la pandémie qui a touché le monde entier, et la Guinée ne produit pas de médicaments, on les importe. Ces médicaments peuvent manquer même au niveau des fournisseurs étrangers. Par exemple, le fer et acide folique, souvent appelé FAF, pour les femmes enceintes, vous pouvez le commander en Europe et attendre ici pendant des mois. Donc, le processus prend du temps et parfois ça peut aller jusqu’à 6 mois », a-t-il expliqué.

Dr Abdourahmane Bangoura, chef du centre de santé de Dibia

Dr Abdourahmane Bangoura, chef du centre de santé de Dibia, dans la commune urbaine de Boké, reconnait qu’il y a souvent rupture de médicaments. « Généralement à notre niveau, en tant que centre de santé, nous utilisons beaucoup les produits antipaludiques, les FAF et les autres produits qui nous permettent de suivre les femmes enceintes. A chaque fois, nous faisons la commande avant la rupture totale des produits qui sont à distribuer gratuitement et nous envoyons à la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG) à travers leur représentation ici à Boké. Mais souvent, certains produits sont en rupture même là-bas », a indiqué Dr Bangoura.

Fatoumata Tanou Barry, gérante du point de vente des produits pharmaceutiques au centre de santé de Dibia

Pour sa part, Fatoumata Tanou Barry, gérante du point de vente des produits pharmaceutiques au centre de santé de Dibia, a fait l’état des lieux dans sa structure. « Actuellement, il nous manque quelques produits. Ce qui est plus important, c’est les Fer et Acide Folique (FAF), les SP, les Artemethere, ce sont des médicaments qui nous permettent de suivre les femmes enceintes, de traiter le paludisme pour les enfants et les adultes. Au moment des pénuries, quand le patient vient, on lui explique que tels et tels produits sont gratuits, mais nous sommes en rupture en ce moment, et on leur demande d’aller les acheter à la pharmacie. Ces produits, nous ne les vendons pas ici parce que nous-mêmes, on ne les achète pas, malgré ce que certains disent dans les quartiers ».

Depuis Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin