« Aujourd’hui, nous n’avons eu que deux personnes enrôlées depuis le matin… Les gens ne viennent pas. La CENI n’a pas fait le rabattage pour informer les populations… En plus, il y a beaucoup de manquements. Parce que les kits sanitaires ne sont pas venus à temps. Les gants (pour les opérateurs de saisie), le gel hydro alcoolique et les bavettes ne sont pas venus encore. Actuellement, on craint beaucoup pour notre santé. Car, nous sommes dans un risque total. Nous ne sommes pas protégés… »

Lancées en début de cette semaine par la commission électorale nationale indépendante (CENI), les opérations d’établissement et de révision des listes électorales se poursuivent en Guinée. Elles doivent durer quinze jours ; mais, à Conakry, ces opérations se déroulent dans l’indifférence générale des populations de la commune de Kaloum. Dans cette presqu’ile de la capitale guinéenne, certaines CAERLE (commission administrative d’établissement et de révision des listes électorales) peuvent rester toute une journée sans avoir à enrôler un seul citoyen, a appris un reporter de Guineematin.com qui a fait le tour de certaines CAERLE installées dans cette commune.

Les présentes opérations de révision des listes électorales se tiennent en prélude à l’élection présidentielle dont le premier tour est annoncé pour le 18 octobre prochain. Et, visent à assainir le fichier électorale en radiant les doublons et en y inscrivant les nouveaux électeurs (ceux qui viennent d’atteindre l’âge de voter). Seulement, dans la commune de Kaloum, ces opérations ne suscitent aucun engouement chez les populations. Les CAERLE qui y sont installées sont à tout moment désertes. Par jour, certaines CAERLE recensent moins de deux personnes ! C’est notamment le cas à la CAERLE 0451 où, jusqu’à 15 heures ce mercredi, 22 juillet 2020, on n’avait enregistré qu’un seul citoyen dans la base de données.

Naby Yansané

« Pour le moment, ça se passe très bien, il n’y a pas d’anomalie. Nous sommes là depuis le matin ; mais, on n’a eu qu’un seul citoyen enrôlé d’abord », a confié Naby Yansané, un des membres de cette CAERLE.

L’ambiance est presque la même au niveau de la CAERLE numéro un (1) de Sandervaliyah lors du passage du journaliste de Guineematin.com (15 heures 30), certains agents recenseurs somnolaient sur leurs chaises. Depuis le matin, aucun citoyen ne s’y est présenté pour se faire recenser.

Mamadouba Sylla, commissaire à la CECI (commission électorale communale indépendante) de Kaloum

« Les opérations se passent très bien ; seulement, il n’y a pas d’engouement. Vous-mêmes vous l’avez constaté. Les gens ne sont pas réellement informés de cette révision des listes. Vous savez que ce sont les autorités locales (chefs de quartiers, chefs de secteurs) qui passent souvent les informations dans les lieux de culte. Mais, avec la pandémie de COVID-19, les lieux de culte sont fermés. Donc, les chefs de quartiers ne peuvent pas passer les informations aux citoyens. C’est pourquoi, nous avons demandé à la CENI de mettre en place des sonos mobiles permettant aux citoyens d’être informés ; et, qu’on véhicule les informations dans les langues locales…Regardez ! Il n’y a pas d’engouement. Aujourd’hui, depuis le matin, aucun citoyen n’est venu d’abord s’enrôler à la CAERLE numéro un de Sandervaliyah », a indiqué Mamadouba Sylla, commissaire à la CECI (commission électorale communale indépendante) de Kaloum.

Pour l’heure, il est difficile de se prononcer sur la qualité du matériel de recensement. Cependant, en plus du manque d’affluence qu’elles enregistrent, les CAERLE de Kaloum sont dépourvues de kits de protection contre la COVID-19 qui sévit actuellement à Conakry (jusque-là considérée comme l’épicentre de cette maladie en Guinée). Et, cette situation inquiète Zakaria Camara, le président de la CAERLE 0450.

Zakaria Camara, président de CAERLE

« Les opérations d’enrôlement se passent bien ; mais, il n’y a pas d’affluence. La population ne sait pas du tout si ces opérations ont commencé ou pas. Aujourd’hui, nous n’avons eu que deux personnes enrôlées depuis le matin… Les gens ne viennent pas. La CENI n’a pas fait le rabattage pour informer les populations… En plus, il y a beaucoup de manquements. Parce que les kits sanitaires ne sont pas venus à temps. Les gants (pour les opérateurs de saisie), le gel hydro alcoolique et les bavettes ne sont pas venus encore. Actuellement, on craint beaucoup pour notre santé. Car, nous sommes dans un risque total. Nous ne sommes pas protégés », a expliqué Zakaria Camara, aux alentours de 16 heures.

A rappeler la présente « révision exceptionnelle » des listes électorales concerne plus de 2,4 millions d’électeurs mis de côté lors du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier en Guinée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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