Au lendemain de la manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) le lundi, 20 juillet 2020, le jeune Alhassane Barry, âgé de 18 ans, a été tué d’une balle dans la tête. Le FNDC a même parlé d’un deuxième cas de mort et de cinq blessés par balles. Mais, leurs déclarations, le ministre de la sécurité et certains responsables du Département essaient de dédouaner les forces de l’ordre, accusées par les parents des victimes.

Albert Damatang Camara a déclaré hier, jeudi 23 juillet 2020, avoir démantelé plusieurs points de fabrication locale d’armes et que ces armes sont utilisées par des civils lors des manifestations. Le ministre a soutenu que les dernières tueries enregistrées dans la commune de Ratoma ne sont pas l’œuvre des forces de l’ordre, qui sont pourtant pointées du doigt par les familles des victimes.

Cette sortie a suscité la colère du président de la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Axe pour la Démocratie et le Développement (PJDD). Ibrahima Aminata Diallo trouve que la sortie du ministre est une insulte à la mémoire de tous ceux qui ont été tués par balles dans tout le territoire guinée de façon générale ; et, en particulier, dans la zone de l’Axe. Il l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à un reporter de Guineematin.com ce vendredi, 24 juillet 2020.

Ibrahima Aminata Diallo, président de la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Axe pour la Démocratie et le Développement (PJDD)

« A mon avis, l’heure n’est pas à dédouaner la police ou la gendarmerie parce que vous n’êtes pas sans savoir que le ministre de la sécurité, son rôle régalien, est de sécuriser tous les citoyens et leurs biens. Alors, si l’insécurité a atteint un certain niveau jusqu’à ce que le ministre déclare lui-même de façon solennelle qu’il connaît plus de 214 points de fabrication d’armes dans ce pays, il y a premièrement un mea-culpa de sa part, d’autre part, il y a une question d’irresponsabilité de son côté. Il n’est pas le ministre de la sécurité pour juste encadrer la police et la gendarmerie afin de faire leur sale besogne parce que nous savons comment ils se comportent sur le terrain », a fustigé le président de la PJDD.

Face à ces nombreux de cas de tueries perpétrées sur l’Axe Le Prince depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, l’activiste de la société civile tire la sonnette d’alarme.

« Il faudrait qu’on ait le courage de dire qu’on a atteint un niveau où il faut interpeller la conscience de tous les Guinéens pour ne pas que ça continue dans notre pays. Aucune communauté n’est supérieure à l’autre et l’Etat doit sécuriser tous les citoyens et leur chercher le bien être. Si cela manque, ils n’ont qu’à s’attendre à des revendications. Et, ils ne doivent pas déployer les forces de sécurité à cet effet pour mater les manifestants dans le sang. Trop, c’est trop ! Nous disons halte, et nous interpellons le ministre de la justice aussi qui doit jouer son rôle. L’impunité a été érigée en règle dans ce pays. Quand vous prenez tous les événements, de 2007 à nos jours, vous trouverez que la Guinée est devenue un pays où pratiquement la plupart des manifestations sont réprimées dans le sang. Alors, il faudrait que la Guinée ressemble aux pays normaux. Nous avons opté pour la démocratie ; alors, il faut respecter les principes démocratiques », a dit Ibrahima Aminata Diallo.

Enfin, l’activiste de la société civile demande aux institutions internationales dont la Guinée est membre de s’intéresser aux réalités du pays pour éviter le pire. « Nous invitons notamment la Cour Pénale Internationale et la justice de la CEDEAO à faire face à la situation de la Guinée parce que nous ne sommes pas dans la paix, on est dans un silence forcé », a-t-il dit.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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