Ouretigui Kouyaté, nouvel adhérant à l’UFDG

L’Union des Forces Démocratique de Guinée (UFDG) vient d’enregistrer une nouvelle adhésion. Ouretigui Kouyaté, enseignant-chercheur dans une Université de la place et ancien membre du RPG Arc-en-ciel, a rejoint le principal parti d’opposition du pays.

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com hier, vendredi 24 juillet 2020, il a expliqué les raisons de cette décision. Le nouvel opposant dit avoir été séduit par le programme de société de l’UFDG et le leadership de son président, Cellou Dalein Diallo. Il promet de se battre pour changer l’image négative que le pouvoir cherche à coller à cette formation politique et aider son leader d’accéder à la magistrature suprême.

Guineematin.com : vous venez de quitter le parti au pouvoir pour rejoindre le principal parti d’opposition du pays. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Ouretigui Kouyaté : en Guinée, le climat politique est fait de telle sorte que chacun puisse vraiment s’ériger en principal défenseur des valeurs de la République. Et puisque nous avons remarqué beaucoup de déception de la part du régime en place, nous avons estimé que seul parti politique à peu près qui défend les valeurs de la République et qui est en quelque sorte défenseur de toutes les violations qui sont causées à l’Etat et à la population, est l’UFDG. L’UFDG est le parti dans lequel tous les défenseurs de la République se sentent vraiment en l’aise, c’est ce qui a fait d’abord que j’ai regardé le parti UFDG.

Et quand je me suis intéressé à ce parti, j’ai fouillé dans les coulisses du parti, j’ai vu que leur projet de société est le seul projet résumant tous les maux de la République de Guinée, qui sont notamment le problème de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit, facteur essentiel qui fait que rien ne marche dans le pays. Le deuxième point est l’éducation. Tout le monde sait que l’éducation en Guinée est totalement bafouée. Le troisième point est l’agriculture. On sait que l’agriculture ne marche pas du tout dans le pays, le pays dépendant essentiellement des denrées alimentaires importées d’autres pays.

En quatrième lieu, vous verrez également qu’il n’y a pas d’infrastructures de base. Ça fait plus de 10 ans, nous n’avons ni eau, ni électricité, sans compter les routes. Aujourd’hui, on est incapables d’aller à l’intérieur pour rejoindre nos familles pour la fête de Tabaski. Quand vous prenez le cinquième point qui est la décentralisation des différentes préfectures pour pouvoir faire une fluidité de la gestion de l’Etat, ça aussi c’est encore totalement mauvais. Le sixième point, qui est le problème de la jeunesse, on sent que la jeunesse aujourd’hui est vouée à l’échec. C’est ce qui a provoqué le grand banditisme et la naissance de beaucoup de fléaux. C’est donc le sixième point du projet de société de l’UFDG.

Le septième point, c’est la promotion de la femme. C’est ce parti là seulement qui peut impliquer les femmes dans la gestion de l’Etat, avec 30% au moins de représentativité dans les structures de l’Etat. Donc, j’ai compris que c’est un projet de société très riche, convenable et qui convient effectivement à mes idéaux. Ensuite, j’ai fouillé encore sur la personne même qui est la tête du parti, qui est Elhadj Cellou Dalein Diallo. Puisque nous avons été longuement manipulés par les différents responsables du parti au pouvoir en nous disant que l’UFDG est un parti qui n’est pas ouvert à tout le monde. Mais, on a remarqué que ce n’est pas le cas.

Donc, le président Alpha Condé, nous a totalement déçu. Parce qu’en 2010, il était le seul candidat parmi les 24, qui avait à peu près les mains propres. Parce qu’on avait mis dans nos têtes que tous ceux qui avaient collaboré de près ou de loin avec Lansana Conté (Président de la Guinée de 1984 à 2008) étaient mauvais ; lui seul qui n’avait pas travaillé avec Conté était le seul propre. Et c’est de ça qu’il a bénéficié pour être président de la République. Mais une fois au pouvoir, il nous a montré que ces personnes que nous avons combattues depuis longtemps étaient toutes bonnes parce qu’il les a toutes utilisées d’une manière ou d’une autre.

Donc, si ce slogan main propre n’est plus valable, nous allons fouiller dans le passé de tous ceux qui ont travaillé avec Conté. Et c’est ainsi qu’on a compris que parmi tous ces anciens Premiers ministres, celui qui a laissé des traces palpables est Elhadj Cellou Dalein Diallo. Parce qu’en 5 ans seulement, il a pu faire de grandes infrastructures qui sont encore utilisables dans le pays. Pour ne citer que quelques-unes de ces réalisations, il y a : l’autoroute Moussoudougou jusqu’à l’aéroport avec les 5 échangeurs ; il y a les 5 grands ponts de l’intérieur du pays que sont : le pont de Diani reliant Lola à N’Zérékoré ; le pont de Yirikiri à Kouroussa ; le pont de Djelibakaro à Siguiri, le pont sur le Bafing ; le pont de Fatala à Boffa, la route Kouroussa-Kourémalé, etc.

Guineematin.com : vous n’êtes pas nouveau en politique, parlez-nous brièvement de votre parcours.

Ouretigui Kouyaté, nouvel adhérant à l’UFDG

Ouretigui Kouyaté : d’abord, mes premiers pas en politique ont commencé lorsque j’étais étudiant, et c’était au RPG. Nous avons beaucoup lutté pour ce RPG. Il fut un moment, quand Alpha Condé a quitté la Guinée, il s’était totalement désolidarisé de la base. Il ne venait même pas en Guinée, il était totalement coupé de la Guinée. C’est ainsi qu’avec l’avènement de Lansana Kouyaté dans le PEDN, nous y avons adhéré. Je fais partie des personnes qui ont implanté le PEDN à Kankan, et je suis resté dans le PEDN jusqu’en 2010. Quand le Professeur Alpha Condé a fait son retour, nous avons vu que l’atmosphère politique était faite de telle sorte que Alpha Condé vienne au pouvoir pour plusieurs facteurs que je ne pourrai pas citer maintenant.

On a rejoint à l’époque le RPG Arc-en-ciel qui était notre ancienne famille politique. Nous avons lutté pour le RPG et nous avons tout fait pour que ce parti vienne au pouvoir. Mais finalement, quand nous avons été déçus, nous avons regardé d’autres partis, notamment le PADES. Mais nous avons compris que jusqu’à présent, ce parti n’arrive pas à être totalement dans l’opposition. C’est ainsi que nous avons compris que l’UFDG est le seul parti, pendant les 10 ans de gouvernance du professeur Alpha Condé, qui est resté fidèle à ses engagements, qui a dit non au professeur Alpha Condé parce que la gouvernance a été mauvaise du début à la fin.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous comptez apporter à l’UFDG ? A quoi est-ce que les responsables et militants de ce parti pourraient attendre de vous ?

Ouretigui Kouyaté : l’UFDG a été victime de plusieurs spéculations. On nous a toujours fait croire que c’est un parti totalement fermé aux autres ethnies, que c’est un parti créé uniquement pour la Moyenne Guinée. Mais avec mon arrivée, et les amis qui vont me suivre ainsi que ceux qui m’ont déjà précédé, nous allons tout faire pour montrer à l’opinion nationale et internationale que ce slogan est faux et que l’UFDG est un parti ouvert. Et ma contribution sera de faire venir tous les jeunes qui savent que le pays n’avance pas avec ce régime en place.

Ces jeunes, quel que soit leur bord : qu’ils soient de la Haute Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Basse Guinée ou de la Forêt, nous allons ouvrir l’UFDG à tous ces jeunes-là. Donc, j’aurai un rôle essentiel de mobilisateur, de sensibilisateur pour faire venir tous les jeunes qui partagent les mêmes idéaux que nous. Ça sera mon devoir principal au sein de l’UFDG. Je vais montrer aux gens que l’UFDG n’est pas un parti que certains croyaient, au contraire c’est un parti qui est vraiment ouvert à tout le monde. Un parti de démocratie, un parti d’égalité.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Avez-vous un dernier mot ?

Ouretigui Kouyaté : mon dernier mot, c’est de dire à tous mes frères guinéens que le moment est venu pour nous de nous réveiller, de comprendre que nous les jeunes, nous avons toujours été victimes de manipulation. Nous avons compris ce qui s’était passé en 2002, lorsque le président Général Lansana Conté a été obligé à se représenter aux élections présidentielles. Tout le monde sait que lorsque le président Conté a été réélu, la Guinée est retombée dans le chaos. Et c’est ce qui a occasionné la révolte de 2007. Et puisque les mêmes causes produisent les mêmes effets, c’est la même chose qui est en train de se reproduire aujourd’hui.

Nous voyons la montée des devises : 1 euro est allé jusqu’à 11 000 francs guinéens ; le dollar tend vers les mêmes 11 000. Aussi, les prix de toutes les denrées alimentaires sont en train de partir à la hausse. Et aujourd’hui, des Guinéens sont en train d’obliger Alpha Condé à se présenter à nouveau. Ceux qui ont pris le pays en otage, c’est eux-mêmes qui veulent qu’Alpha Condé se représente pour un 3ème mandat comme ils l’ont fait avec Lansana Conté. Mais ça ne marchera pas.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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