Jusque là relevant de la sous-préfecture de Souguéta, la localité de Linsan a été érigée en sous-préfecture le 2 juin 2017 par le président Alpha Condé. Composé de 15 districts, Linsan est devenu un pôle d’attraction à cause de la vivacité de ses populations et des perspectives minières offertes. Le revers de la médaille est le fait que l’urbanisation de Linsan centre se fait sans aucun lotissement. Une situation qui pose d’énormes problèmes d’accessibilité et de développement à la base. Tel est le constat fait sur les lieux par un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

La sous-préfecture de Linsan est située à 82 kilomètres du chef lieu de la préfecture de Kindia. Le centre de la commune rurale connait un réel problème d’accessibilité à cause du manque de lotissement.

Hamidou Sow, conseiller communal de Linsan

Hamidou Bah, conseiller communal à Linsan, est conscient de cette situation. « Le gros problème banalisé, qui est pourtant le plus important, c’est le lotissement. Ce sont les autorités qui ne font pas attention. Et nous qui sommes nouvellement élus, on n’a pas encore pensé à cela. Vue l’allure que la ville est entrain de prendre, nous avons l’interconnexion qui est là. Nous avons aussi le grand projet de bauxite de Sangoyah, c’est pour 100 ans. Et tous ceux-ci doivent venir à Linsan. Nous sommes une sous-préfecture mais on n’a pas de siège pour la commune pour l’instant », a fait savoir monsieur Bah.

Par ailleurs, l’élu local a indiqué que l’initiative d’électrification rurale se heurte aujourd’hui au manque de lotissement de Linsan, avec une impossibilité d’aller dans les profondeurs des quartiers. « Cette électrification rurale va dans l’intérêt de tout le monde. Elle a été initiée par le président de la République, mais n’a pas pu être réalisée à 100 % compte tenu de l’enclavement de certaines zones. Vous savez, lorsque les études de faisabilité se posaient, Linsan n’était pas aussi vaste à l’époque. Il y a de cela plus de 20 ans. Il se trouve que maintenant, on a construit par ci par là. Donc, il n’y a pas de passage et ce sont des véhicules qui doivent implanter des poteaux. Ces véhicules n’ont pas pu accéder à ces lieux. C’est pourquoi on a prolongé tout au long de la route jusqu’à la sous-préfecture. Donc, c’est un problème crucial et malheureusement le villageois ne connait pas l’importance de la route ».

La ville de Linsan est très cosmopolite, même si les Soussous et les Peuls y sont majoritaires. Le conseiller communal appelle toutes les communautés à se donner les mains pour l’émergence de leur ville. « Linsan est construit principalement par des éleveurs et des agriculteurs qui sont des étrangers. Les vrais autochtones sont les Soussous. C’est une frontière entre le Fouta et la Basse Côte. Il faut que tout le monde se donne la main parce qu’une ville moderne n’est pas facile à avoir. Et maintenant, on ne peut plus lotir Linsan, surtout au centre ville ici, parce qu’on ne peut pas dégager les gens et les rembourser. C’est une dépense énorme. Donc, au lieu de cela, on a encore tout le pourtour qui a été acheté, qui appartient à des particuliers. Si on vient pour le lotissement maintenant et que ce n’est pas encore construit, les routes vont passer facilement. C’est le moment de le faire ».

A cause de la manipulation politique, des tensions y ont été enregistrées au lendemain des élections communales du 04 février 2018. Hamidou Bah invite ses concitoyens à se ressaisir et à placer les intérêts de Linsan au dessus de tout. « Malheureusement pendant les élections, cela s’est mal passé chez nous. On a mal compris la démocratie. On s’est frappé ici, on a gâté des maisons. Par la suite, c’était un regret pour tout le monde parce que nous sommes ensemble ici, personne ne peut chasser l’autre. Depuis que cela s’est passé, les vieux se sont retrouvés avec la jeunesse. On a élu les Sotikèmo, composé de toutes les ethnies pour que dorénavant, pour tout problème, il faut passer par le social pour le résoudre ».

De retour de Linsan, Amadou Baïlo Batouala Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél : 628 51 67 96

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