Elhadj Mamadou Chérif Barry, grand imam de Dalaba

La décision de l’imam Nanfo Ismaël Diaby de prier en N’ko (langue maninka) continue de susciter le débat en Guinée. Le secrétaire préfectoral des affaires religieuses de Dalaba et grand imam de la ville s’est prononcé sur le sujet au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, ce lundi 27 juillet 2020. Elhadj Mamadou Chérif Barry s’est dit surpris de cette innovation qui, selon lui, n’a aucun fondement islamique.

« C’est ma première fois d’apprendre qu’un fidèle musulman fait l’appel à la prière et la prière dans sa langue maternelle. Je n’avais jamais vu ni entendu cela auparavant. Le coran a été révélé en arabe et chez les Arabes. Mais il faut préciser qu’il y a une certaine différence entre la langue arabe telle qu’elle est parlée par les humains et le coran. C’est pourquoi, même les Arabes qui lisent le coran, ils ont besoin d’explications.

Il y a les explications qui sont faites en arabe et qui sont plus accessibles aux gens qui parlent cette langue, mais ils n’ont jamais dit qu’ils vont utiliser cela pour prier. Parce que le prophète et tous ses compagnons ont toujours prié en lisant le coran révélé par Allah. Et c’est ce qui s’est poursuivi jusque-là partout dans le monde musulman », a déclaré ce leader religieux.

Tout en condamnant le comportement de Nanfo Diaby, le grand imam de Dalaba déplore surtout le fait que certaines personnes lui apportent leur soutien au nom de la liberté de culte, consacrée par la constitution guinéenne. Pour lui, cet argument ne sied pas en pareilles circonstances. « Je ne comprends pas pourquoi les gens en font un débat en se basant sur la démocratie et la laïcité pour chercher à défendre cet imam qui prie dans sa langue maternelle. Ceux qui le font veulent insulter l’islam.

Sinon, personnellement, je ne crois pas si celui qui décide d’agir de la sorte jouit de toutes ses facultés mentales. Je ne soutiens pas et n’encourage pas ceux qui sont partis attaquer son domicile parce qu’on peut considérer qu’il est libre de prier comme il le souhaite chez lui…mais je ne peux pas accepter aussi l’argument de ceux qui utilisent la constitution pour le défendre. Une loi qui est faite par des Hommes et qui est d’ailleurs susceptible d’être modifiée ne peut jamais être comparée à la loi divine, qui ne peut pas changer jusqu’à la fin du monde », a-t-il laissé entendre.

Selon Elhadj Mamadou Chérif Barry, le plus grave dans cette affaire, « c’est le fait que l’imam Nanfo Diaby pousse d’autres personnes à le suivre et à faire comme lui. S’il le faisait seul au moins, c’aurait été mieux. Mais malheureusement, il encourage d’autres à s’engager sur cette voie en pensant qu’ils valorisent ainsi leur langue.

Il y a plusieurs moyens par lesquels on peut valoriser nos langues sans se baser sur la religion. Même à travers la religion d’ailleurs, on peut valoriser nos langues mais sans dire qu’il faut faire la prière dans ces langues. Je ne suis d’accord avec cela aujourd’hui et je ne le serai pas demain », a dit le secrétaire préfectoral des affaires religieuses de Dalaba, tout en appelant les partisans de Nanfo Diaby à craindre Dieu et à tourner vers le droit chemin.

De Dalaba, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel: 625698919/657343939

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