Fermées au grand public depuis le mois de mars dernier à cause de la maladie de coronavirus qui sévit actuellement en Guinée, les mosquées de Conakry s’apprêtent à rouvrir leurs portes aux fidèles, à l’occasion de l’Aïd el-Kebir, appelée fête de Tabaski. Déjà, certaines de ces maisons de Dieu font leur toilette, en prélude à cette grande fête musulmane. Cela fait suite à la décision des autorités guinéennes qui autorisent les musulmans de Conakry et de l’intérieur du pays à célébrer spécialement les prières de la fête de Tabaski dans les mosquées et autres places qui seront désignées par le secrétariat général des affaires religieuses.

Du constat d’un reporter de reporter de Guineematin.com qui a fait ce lundi, 27 juillet 2020, le tour de certaines mosquées de la capitale guinéenne, les portes de plusieurs mosquées étaient aujourd’hui grandement ouvertes à Conakry.

Tapis à la véranda, de l’eau savonneuse sur le carrelage, des fenêtres dépoussiérées, des femmes et des jeunes hommes s’activent avec des balais et des serpillières… la mosquée de Kipé-Dadya a fait sa toilette ce lundi matin. Et, cela, grâce à la détermination des bénévoles qui n’attendent autre rémunération que celle de Dieu, tous venus du quartier qui abrite ce lieu de culte. Malgré la forte pluie qui s’est abattue aujourd’hui sur Conakry, ces femmes et jeunes se sont attelées à rendre propre, plus éclatante, cette mosquée qui devrait abriter plusieurs dizaines de fidèles le jour de la fête de Tabaski (qui doit être célébrée cette semaine, probablement le vendredi). Il n’y a pas un seul coin de cette maison de Dieu où les mains habiles de ces bénévoles ne sont passées et repassées pour ôter des toiles d’araignées ou pour simplement rendre le carrelage de cette mosquée plus éclatant. Une mosquée qui, depuis plus de quatre mois maintenant, ne reçoit que la visite des muezzins se relayant pour l’appel à la prière.

« Un premier groupe est déjà venu balayer. Nous nous sommes là maintenant pour laver. Nous sommes là avec nos mamans pour nettoyer proprement notre mosquée. Personnellement, je suis là avec ma mère et mon jeune frère. On n’attend rien de personne, on est là pour faire ce travail à cause d’Allah », a confié sous anonymat un jeune qui s’activait vigoureusement sur le carrelage de l’intérieur de cette mosquée.

A la mosquée turque de Bambéto, le constat est le même. Sauf que, dans cette maison de Dieu, ce sont les « employés » qui s’occupent du nettoyage. A notre passage sur les lieux (10 heures 50’), malgré la pluie, des jeunes s’activaient sur place avec des balais et des serpillières en mains. « Nous ici, on nettoie chaque jour la mosquée, même si ce n’est pas en prélude d’une fête. Vous savez que cette mosquée est tenue par des turques, ils ont donc des employés qui s’occupent du nettoyage… Tout est prêt ici pour accueillir les gens le jour de la fête. Même la distanciation sociale a été prévue », a expliqué un vigile que Guineematin.com a interrogé à l’absence des responsables de cette mosquée.

Pour l’heure, on ignore encore quelles sont les mosquées et les places publiques qui vont abriter les prières de de l’Aïd el-Kebir 2020 à Conakry. Ce qui laisse certains responsables de mosquées dubitatifs sur la nécessité d’organiser des opérations de nettoyage. Ainsi, ils préfèrent encore garder le cadenas à la porte, en attendant peut-être d’y voir clair. C’est le cas notamment à la mosquée de Ratoma-Cyber ou encore à la mosquée Al-khadre de Kipé où les portes étaient encore closes ce lundi matin. Il en est de même à la mosquée de Lambanyi-Kignifi. Le même constat se dégage à la mosquée de Sangoyah-Pharmacie et à la mosquée de Siakayah à Sangoyah PA (dans la commune de Matoto).

Mais, selon des informations confiées au reporter de Guineematin.com ce lundi, les citoyens de Sangoyah-Pharmacie et ceux de Sangoyah-PA ont l’habitude d’effectuer les prières des fêtes au lycée Elhadj Boubacar Biro Diallo. Seulement, ce lieu est un plein air. Et, en cas de pluie (comme celle qu’on enregistre actuellement à Conakry) le jour de la fête, les fidèles de ces deux zones seront obligés de faire recours à leurs mosquées. Et, cela risque d’être difficile si ces lieux ne sont pas dépoussiérés après plus de quatre mois de fermetures.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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