Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDel)

Comme annoncé précédemment, à l’issue d’une plénière de ses membres tenue ce mercredi 29 juillet 2020, à Conakry, le FNDC a appelé les Guinéens à une nouvelle manifestation de rue le 6 août prochain pour exiger le départ du président Alpha Condé. Aliou Bah, le président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDel), a mis l’occasion à profit pour exhorter les citoyens à se mobiliser massivement pour « sauver la démocratie guinéenne ». L’opposant a adressé également un message aux forces de l’ordre, à qui il demande de rester républicaines en refusant d’obéir aux ordres manifestement illégaux.

« Je vais lancer deux messages : le premier, il doit s’adresser au peuple de Guinée, qui doit s’estimer fier d’avoir mené ce combat jusque-là et se rendre compte davantage que la lutte du FNDC n’est pas la lutte d’une catégorie de citoyens, encore moins d’une catégorie de personnes. Ce n’est pas la lutte d’un parti politique ou d’une association ou d’un leader politique. Il s’agit de l’avenir de toute une nation, de tout un peuple, qui est menacé par la dictature. Et nous savons ce que la dictature a coûté à notre peuple, parce que nous en avons connu pendant plus d’un demi-siècle.

Il n’y aura pas d’avenir radieux pour la jeunesse guinéenne dans un régime de dictature. On ne peut pas réinventer la roue. Les jeunes de Guinée doivent savoir qu’ils peuvent ne pas aimer X ou Y ; mais au moins, qu’ils se préoccupent de leur propre avenir. Le choix à faire, c’est de continuer de se battre ou de rester indifférent face à ce que nous impose un octogénaire dictateur, qui n’a même plus l’aptitude de gouverner correctement, et que nous soyons pris en otage par un clan qui profite de toutes nos ressources au détriment de l’intérêt général.

La manière dont certains posent le débat, qui consiste à catégoriser les responsables du FNDC, c’est une manœuvre du pouvoir qui a comme objectif, de dissuader les forces vives de cette nation à se battre pour notre pays. Ce combat n’est pas un combat politique, c’est un combat citoyen ; donc, il concerne tous les Guinéens à mes yeux.

Le deuxième message, c’est à l’endroit de nos forces de défense et de sécurité. Aujourd’hui, l’image de la Guinée est ternie. Nous avons un pays qui est vu, et c’est une réalité, comme étant un pays de persécution, où on assassine les opposants, où on fait du kidnapping, où on pratique la torture, où on parle même de fosses communes à N’Zérékoré. C’est assez horrible et dégradant pour l’image du pays et des citoyens de ce pays. Les forces de défense et de sécurité représentent une des composantes de notre société.

Nous vivons tous ensemble, nous partageons la même misère : nos femmes fréquentent les mêmes marchés, nos enfants fréquentent les mêmes écoles, nous pratiquons les mêmes mauvaises routes, nous pratiquons tous les mêmes difficultés liées à la mauvaise gouvernance. Et vous avez vu que toutes les régions du pays aujourd’hui se sont levées contre ce régime. Alors, c’est un clan qui veut nous prendre en otage au détriment de notre avenir commun. Chacun doit prendre conscience. Le droit de tuer n’existe pas. Ce n’est pas parce qu’on est manifestant qu’on doit être assassiné.

Il faut que cette manipulation s’arrête ! Si certains disent que manifester c’est aller à la boucherie, qu’ils arrêtent les bouchers. Parce que les bouchers sont nos bourreaux. Ceux qui tirent sur des enfants innocents, ils doivent arrêter parce que le droit de tuer n’existe pas. On ne peut pas le justifier, on ne peut pas l’accepter. Et il est important que chacun de nous se batte pour qu’un jour, ceux qui ont tué tous nos compatriotes, qu’ils soient devant les tribunaux afin que justice soit rendue », a lancé le leader du MoDel.

Propos recueillis par Ibrahima Sory pour Guineematin.com

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