Maïmouna Soumah, citoyenne se réclamant propriétaire des parcelles 24 et 25 du lot 22 de Kobaya-village

Depuis plus de trois (3) ans, un conflit domanial oppose dame Maïmouna Soumah, citoyenne guinéenne résidant à Londres (Angleterre) à deux de nos compatriotes. Maïmouna Soumah accuse Togbacé Maomy, un Lieutenant-colonel de la gendarmerie nationale, et Amara Kourouma, un proche du ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire (MVAT), de chercher à lui retirer deux domaines à Kobaya Village, dans la commune de Ratoma.

Dans un entretien accordé à un reporter Guineematin.com le mercredi dernier, 22 juillet 2020, Maïmouna Soumah affirme que le ministre Ibrahima Kourouma, aidé par certains de ses cadres, dont Lamine Diakité, directeur national des Domaines et du Cadastre, est en train d’user de sa fonction pour instrumentaliser la justice dans ce dossier. Elle dénonce la volonté de ce groupe de lui exproprier les parcelles N° 24 et 25 du lot 22 de Kobaya Village qu’elle dit avoir acheté en 2008.

Guineematin.com : comment avez-vous acquis ces parcelles et comment vos ennuis ont commencé ?

Maïmouna Soumah : j’ai acquis les parcelles 24 et 25 en 2008 dans les mains de monsieur Djibril Bangoura. Après acquisition, je les ai tous ceinturées et mis deux fondations : la fondation pour le grand bâtiment et la fondation pour l’annexe. Donc, de 2008 jusqu’en 2016, je n’avais pas eu de problèmes. D’ailleurs, lorsque je travaillais sur les lieux, c’est la mère de Togbacé Maomy, un Lieutenant-colonel de la gendarmerie, celui qui va réclamer après la paternité des desdits domaines, qui est voisin à mes deux parcelles, c’est cette dame qui donnait de l’eau à mes travailleurs et qui les servait même à manger parfois. Qu’est-ce qui s’est passé après ? J’ai été assigné au TPI de Dixinn en fin 2016 par les proches d’un certain feu Amara Kéoulen Sylla, qui disent être héritiers de mon domaine. Mais, j’ai remporté ce procès. C’est après que j’ai compris que c’est monsieur Togbacé qui était derrière cette affaire judiciaire. Lorsque j’ai remporté le procès, la mère du Lieutenant-colonel Togbacé Maomy, m’a dit qu’elle souhaite que je lui laisse faire des potagers dans mes fondations. J’ai dit non, que ce n’était pas possible. Entre temps, j’ai voyagé. A mon retour de Londres, puisque je voulais continuer les travaux, j’ai trouvé que cette vielle dame a fait des potagers dans ma fondation. Je suis allé lui demander pourquoi elle a fait des potagers dans mes domaines puisque je le lui avais interdit. Elle m’a répondu en disant que si je veux travailler dans mes domaines, je dois lui donner 1 million 500 mille GNF. Je lui ai dit que je ne peux pas lui donner l’argent puisque je lui avais dit de ne pas faire des potagers dans mes domaines. Et lorsque j’ai voulu faire un forcing en y versant des agrégats, la famille de Togbacé Maomy s’y est opposée. Malheureusement, je devais voyager à Londres ce jour. Quelques temps après, c’est un appel de Me Bernard Feindouno (avocat de Togbacé Maomy) que je reçois, me demandant désormais 15 millions de francs guinéens afin de dédommager la mère de Togbacé afin de pouvoir travailler dans mon propre domaine. Donc, ce n’était plus 1 million 500, mais 15 millions GNF pour pouvoir travailler dans mon domaine. J’ai dit que je ne peux pas. L’avocat m’a dit que si je ne paie pas ce montant, j’allais perdre mes domaines.

Comment le Lieutenant-colonel Togbacé a voulu vous exproprier ?

Togbacé Maomy dit qu’il a acheté une partie de mes parcelles en 2015, alors que lorsque moi je travaillais sur mes domaines en 2016, il était là, sa famille était là, sa femme était là, tout le monde était là. C’est sa mère même qui nous donnait l’eau pour le travail ; et, c’est devant leur portail que je m’asseyais pour superviser mon chantier. Comment quelqu’un qui prétend avoir acheté un domaine en 2015 peut laisser quelqu’un d’autre travailler sur ledit domaine les années suivantes sans rien faire ? Concrètement, c’est en janvier 2018 que Togbacé Maomy a réclamé une partie de mes domaines et a commencé à m’affronter ouvertement. Parce que sa famille m’a une fois agressée physiquement car j’ai été poignardé et même mon œil là a été opéré. Et, je n’étais pas surprise parce que ce jour-là, Togbacé Maomy m’avait dit au téléphone que si jamais je venais, il allait me montrer qu’il est le petit de Idi Amine et l’ami du Général Baldé, chef d’état major de la Gendarmerie. Donc, ce qui m’est arrivée ce jour était prémédité. Après que j’ai été agressée, j’ai porté plainte contre lui pour coups et blessures volontaires, injures publiques, menace de mort, enlèvement de bornes et la procédure civile aussi, c’est-à-dire l’expropriation de mes domaines. Nous sommes dans ce dossier depuis plusieurs mois maintenant et j’ai fait des allers retours Londres-Conakry plus de 11 fois, j’ai même les billets d’avion.

Vous accusez le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, Dr Ibrahima Kourouma, de se rendre complice dans l’expropriation de vos domaines. Expliquez-nous ?

J’ai fait une demande au Ministère de la Ville pour l’identification de mes parcelles parce que monsieur Togbacé avait fait un faux document. Donc, je voulais savoir qui soutient monsieur Togbacé Maomy. Et dans mes démarches, j’ai compris que c’est monsieur Demba Bâ, un géomètre et aménagiste, qui avait fait ce faux document pour Togbacé Maomy, sous la protection du ministre de la Ville. Togbacé a rencontré le ministre Ibrahima Kourouma pour lui dire de l’aider à récupérer mes domaines. Ce dernier a dit d’ailleurs que la seconde parcelle appartient à son frère du nom d’Amara Kourouma. Pourtant, ce nommé Amara Kourouma est invisible. En clair, le ministre Ibrahima Kourouma et Togbacé Maomy se sont mis ensemble pour m’exproprier mes deux parcelles. Lorsque j’ai été voir le ministre, il m’a dit que je suis sur le terrain de son frère. Bref désormais, au lieu que l’affaire soit entre Maomy et moi, le frère du ministre qu’on ne voit pas s’est invité encore. Bien avant, lorsqu’on a été sur le terrain avec les cadres du ministère, ils ont appelé un certain Amara Kourouma, mais en réalité qui s’appelle Sidiki Dounoh et qui travaille avec le ministre Ibrahima Kourouma. Lorsque ce monsieur est venu dire que ma seconde parcelle lui appartient, j’ai demandé ses documents, mais il n’en avait pas. Mieux, je lui ai dit de porter plainte contre moi à la justice, on m’a répondu qu’il a été envoyé par le ministre Ibrahima Kourouma. Lorsque j’ai demandé qui a vendu ce domaine à Amara Kourouma, on m’a répondu en disant que ce domaine appartient d’office à l’habitat. Lorsque j’ai quitté, le lendemain, le nommé Lamine Diakité, qui est directeur national des Domaines et du Cadastre m’a appelé pour me dire que je dois rencontrer le nommé Amara Kourouma et qui en réalité s’appelle Dounoh. C’est lui qui me l’a dit. Lorsque j’ai été voir celui qui dit être le frère du ministre Kourouma, il m’a dit madame, si vous ne me connaissez pas, moi je vais vous montrer que la Guinée nous appartient. J’ai été encore voir le ministre de la Ville à sa demande qui m’a dit que tout le monde sait que mon domaine appartient à son frère, le nommé Amara Kourouma. J’ai dit au ministre son frère est en train de me menacer, il a dit que c’est normal. J’ai dit que ce n’est pas vrai, mais il a persisté avec des menaces à l’appui, j’ai même l’audio de notre conversation. Finalement, j’ai quitté son bureau.

Vous accusez également le ministre de la Justice, maitre Mory Doumbouya, d’être en connivence avec le ministre de la Ville pour étouffer cette affaire. Qu’en est-il réellement ?

Lorsque j’ai porté plainte contre Demba Bâ et Lamine Diakité, le procureur a fait un mandat d’amener contre Demba puisqu’il ne voulait pas venir. Lorsque Demba a été arrêté, le ministre Ibrahima Kourouma a appelé le commissaire Fabou de la DPJ pour qu’on libère Demba. Celui-ci a dit qu’il ne peut pas parce que Demba a reconnu les faits pour lesquels il a été poursuivi. Finalement, le ministre Kourouma est passé par son homologue de la Justice, Mory Doumbouya, pour faire libérer Demba Bâ. Lorsque j’ai été voir le ministre de la Justice pour en savoir davantage, les gardes n’ont trouvé mieux que de me frapper. Mais, tout était monté par le ministre de la Justice. Parce que lorsque je me suis présentée à eux, ils m’ont dit, donc c’est toi ? Aussitôt, ils ont commencé à me frapper. Ils ont déchiré tous mes habits.

Dossier à suivre !

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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