De nombreuses routes guinéennes, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, sont dans un très mauvais état. Dans la préfecture de Mamou, les routes qui mènent dans certaines communes rurales sont très dégradées avec tous les risques encourus. C’est le cas du tronçon Dounet-Kégnéko, distant de 22 kilomètres, dont la traversée est devenue un parcours du combattant pour les usagers. Pourtant, d’importantes sommes d’argent provenant de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC) ont été englouties pour réparer cette route plus que jamais dégradées, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les usagers du tronçon Dounet-Kégnéko, deux communes rurales relevant de la préfecture de Mamou, tirent le diable par la queue. Dans le cadre des actions de développement initiées par l’ANAFIC, la commune rurale de Kégnéko avait fait le choix de refaire la distance de 22 kilomètres qui la sépare de la route nationale Mamou-Dabola, à partir de la commune rurale de Dounet. Mais, l’entreprise qui a exécuté les travaux est accusée de les avoir bâclés.

Aujourd’hui, les usagers de ce tronçon Dounet-Kégnéko vivent un calvaire indescriptible. Avec la saison pluvieuse, la route renferme de nombreux points critiques, avec des nids de poules à divers endroits. De Kégnéko centre à Badikoyah, en passant par Ouryah , Kountoyah, Leinguerin et Héréma, des trous béants et de la boue rivalisent d’ardeur.

Sally Alpha Alimou Sow, premier muezzin de la mosquée de Konkobala

Interrogé à ce sujet par Guineematin.com, Sally Alpha Alimou Sow, usager régulier du tronçon et premier muezzin de la mosquée de Konkobala, a dénoncé ceux qui se sont servis au lieu de servir. « Vraiment, cette route est devenue une préoccupation pour nous. Nous serions fiers de cette route si elle était bien faite. Mais, ils ne font que manger l’argent et fatiguer les guinéens. Regardez cette route, on dirait que c’est de l’huile qu’on a versée dessus. C’est une terre glissante qui est versée sur la route. Chaque fois, les voitures et les motos glissent ici. Ça cause d’énormes dégâts. Il y a trop de difficultés. Nous invitons le gouvernement de nous aider de plus », a lancé monsieur Sow.

Alpha Mamadou Cellou Sow, ressortissant de Kégnéko

Pou sa part, Alpha Mamadou Cellou Sow, ressortissant de Kégnéko, invite le gouvernement à contrôler les réalisations faites au nom de l’ANAFIC. « Je viens de Kégnéko centre comme ça, mais vraiment la route est impraticable. Ici, à la montagne de Leinguerin, les véhicules reculent souvent et ça cause d’énormes dégâts. Nous remercions le gouvernement à travers l’ANAFIC, mais nous leur demandons de veiller sur les actes qu’ils posent. Nous à Kégnéko, nous n’avons eu qu’une seule action, qui est cette route. Elle est faite, mais il y a trop de difficultés », a laissé entendre ce citoyen.

maître Tierno Demba, conducteur de camion

Les plus affectés par le mauvais état de cette route sont les chauffeurs. C’est le cas de maître Tierno Demba, conducteur de camion qui se de la boue et craint que Kégnéko ne soit isolé à cette période de saison pluvieuse. « C’est injuste. C’est une perfidie de la part de l’entreprise. Cette route n’a jamais été comme ça. S’il faut faire 3 jours sur une distance de 22 kilomètres parce que c’est mal fait, c’est vraiment le comble. Nous demandons à l’entreprise de venir voir son travail. Ce n’est pas un bon travail, ils ne font que berner le peuple. Quand je sors d’ici aujourd’hui, je ne reviendrais que pendant la saison sèche. Nous invitons au gouvernement de venir voir son travail. Quand tu prends un ingénieur pour construire une maison, il faut veiller sur lui », a indiqué le camionneur.

Aboubacar Camara, maire de Kegneko

Le maire de la commune de Kégnéko, Boubacar Camara, accuse la pluie et promet que la route sera réparée. « Nous sommes très satisfaits, malgré que ça a été un retard. Après les travaux, c’était la pluie, et l’entrepreneur n’a pas reçu également l’argent à temps. C’est un travail qui est fait en hivernage. L’entrepreneur a promis de revenir réparer tous les points critiques, toutes les parties défectueuses. Nous prions les populations d’être patientes, la route sera réparée », a laissé entendre le maire.

Le tronçon Dounet-Kégnéko enregistre régulièrement des accidents. Les usagers sont obligés de mettre du charbon sur la boue pour diminuer les glissements.

De Kégnéko, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel: 625 69 89 19/657 34 39 39

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