Les jeunes de Kankan qui manifestent depuis plusieurs semaines pour réclamer l’électrification de la région ne comptent pas lâcher du lest. Ils menacent même d’empêcher la tenue de l’élection présidentielle prochaine, si leur revendication n’est pas satisfaite par le gouvernement. C’est le leader de la contestation qui l’a annoncé au cours d’une rencontre organisée hier, lundi 03 août 2020, par des jeunes ressortissants de Kankan résidant à Conakry, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Après l’échec des démarches menées par les autorités mais aussi par la notabilité de Kankan pour tenter de convaincre les manifestants à renoncer à leur mouvement de protestation, plusieurs jeunes ressortissants de la ville sont venus de Conakry pour essayer à leur tour de dissuader les protestataires. Ils ont exhorté le Mouvement Citoyen pour l’Electrification de la Haute Guinée à renoncer à sa revendication relative à la construction d’un barrage hydroélectrique dans la région au profit d’une centrale solaire, en attendant la fin du projet d’interconnexion des grands barrages hydroélectriques du pays.

Ousmane M’Bia Kaba,président du mouvement citoyen pour l’électrification de la Haute Guinée

Mais, les protestataires ont rejeté catégoriquement ces propositions, s’en tenant à leur principale revendication. Et si rien n’est fait dans ce sens dans les prochaines semaines, ils promettent d’empêcher la tenue de la présidentielle du 18 octobre dans la région. « Nous avons besoin d’une seule chose, c’est un barrage hydroélectrique. Nos parents ont souffert pour ce régime, et nous aussi nous vivons cette réalité. Nous avons accepté une trêve d’un mois. D’ici-là, si nous ne voyons rien de concret, nous battrons le pavé le 26 ou 27 août. Sans barrage, il n’y aura pas d’élections dans la région », a martelé Ousmane Kaba, alias M’Bia, leader de la contestation.

Les manifestants se disent d’ailleurs galvanisés par le soutien de certaines organisations internationales de défense des droits de l’homme à leur combat. C’est dans ce cadre que deux avocats français sont attendus prochainement à Kankan, confie Mamoudou Kaba, le chargé communication du mouvement du Mouvement Citoyen pour l’Electrification de la Haute Guinée. « Personne ne doit nous amadouer ni nous intimider maintenant. Personne ne sera arrêté désormais. Le gouvernement est coincé parce que les organisations de défense des droits de l’homme, notamment françaises, nous accompagnent désormais dans la lutte. Deux avocats français seront à Kankan au plus tard le 20 août. Pour nous, c’est le droit le plus basique que l’on puisse réclamer à ce gouvernement », a-t-il dit.

A rappeler que 22 jeunes avaient été interpellés lors de la dernière manifestation, qui avait été dispersée par l’armée, déployée en renfort. Ils avaient été conduits dans un premier temps au camp militaire de la ville avant d’être déférés à la prison civile de la ville. Mais grâce à la pression des contestataires, ils ont finalement été libérés.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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