Le comité de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées a célébré en différé, ce vendredi 7 août 2020, la journée internationale de la dignité des victimes de la traite des êtres humains. A cette occasion, la structure a animé une conférence de presse, à Conakry, pour faire l’état des lieux de la situation et plaider pour le renforcement du partenariat entre l’Etat et la société civile pour mettre fin à la pratique, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son allocution, le président du comité de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées, Aboubacar Sidiki Camara, a souligné que la traite d’êtres humains est une réalité. « Cette pratique est une réalité dans notre pays. Cette réalité est révélée par les différents rapports que nous produisons et à la Cedeao et au département d’Etat américain. Cette année, le département d’Etat américain a mis la Guinée dans la catégorie des Etats sous surveillance. Cela veut dire que le département apprécie les efforts de la Guinée, mais en même temps, formule des recommandations à notre pays pour accentuer les efforts au niveau de l’enquête et au niveau des décisions de justice », a-t-il indiqué.

Aboubacar Sidiki Camara, président du comité de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées

Selon lui, parmi les personnes qui se livrent à la traite d’êtres humains, il y en a qui le font de façon inconsciente en raison d’un déficit d’information dans les communautés. « On se livre à la pratique de la traite sans s’en rendre compte. Lorsque vous recevez des enfants venant de l’intérieur pour travailler chez vous comme domestiques alors que ces enfants ne bénéficient pas du fruit de leur travail, c’est d’autres personnes qui les recrutent qui bénéficient du fruit de leur travail, c’est la forme classique de la traite des personnes », a laissé entendre Aboubacar Sidiki Camara.

D’où la nécessité, dit-il, de renforcer le partenariat entre l’Etat et la société civile pour mieux sensibiliser la population et sanctionner les coupables de cette pratique. Car la Guinée risque de s’exposer à des sanctions si les recommandations faites par le département d’Etat américain ne sont pas mises en œuvre par le pays, annonce le président du comité de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées.

« Nous sommes menacés. Nous sommes un pays sous surveillance. Si les recommandations qui ont été formulées à la Guinée par rapport au renforcement des capacités des magistrats, par rapport au renforcement des capacités des agents de la chaîne pénale, par rapport à la poursuite, par rapport aux décisions de justice, par rapport à toutes les dispositions concernant la prévention ; si ces mesures ne sont pas appliquées, malheureusement notre pays va tomber dans le tiers tri. Et le tiers tri malheureusement, il y a certaines formes d’aides du département d’Etat américain qui vont être coupées à notre pays », a-t-il fait savoir.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/654 416 922

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