Près de 5 mois après les violences inter-communautaires qui ont émaillé le double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020 à N’Zérékoré, la situation n’est toujours pas rassurante dans la ville. Beaucoup d’habitants de la capitale de la Guinée forestière sont mécontents de la détention des personnes accusées d’être à l’origine de ces violences, qui ont fait plusieurs morts, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels. C’est ce qu’a fait savoir une structure de jeunes leaders de la région qui s’est fait entendre le samedi, 8 août 2020. Elle dénonce le processus de réconciliation mis en œuvre récemment et interpelle le président Alpha Condé, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis le retour au calme à N’Zérékoré, après les violences inter-communautaires des 21, 22 et 23 mars dernier, plusieurs délégations du pouvoir se sont rendues dans la ville pour sensibiliser les citoyens au maintien de la paix. Un processus de réconciliation a même été mis en œuvre et qui a abouti à la signature d’un pacte de non-agression entre les chefs coutumiers des différentes communautés de la région. Mais malgré tout cela, la situation reste encore fragile sur place. Et pour cause, les 44 personnes interpellées suite à ces violences sont toujours détenues à Kankan, sans avoir été jugées. Selon plusieurs jeunes leaders de la région, la libération de ces détenus est une condition sine qua non pour la réconciliation à N’Zérékoré.

Bény Jean Pierre Sagno

« A l’heure où nous sommes, on ne peut pas dire qu’il y a la paix à N’Zérékoré. Nous, on veut la paix à N’Zérékoré, ça fait partie de la lutte de notre plateforme. C’est pourquoi, nous ne voulons pas une paix sur le papier mais plutôt sur le terrain. Et, tant que les gens là sont là-bas (en prison), on ne peut pas dire qu’il y a la paix à N’Zérékoré. La réconciliation qui vient d’être faite, il faut qu’on se dise la vérité, ce n’est pas une réconciliation parce que ça ne suit même pas les normes. Les jeunes qui sont concernés n’ont pas été regroupés comme ça se devait. Donc, on a assisté à une scène vraiment montée », a déclaré Bény Jean Pierre Sagno, membre de cette structure de jeunesse.

Labilé Nestor Lamah

Ces jeunes, par la voix de Labilé Nestor Lamah, responsable de la communication de la structure, interpelle le président Alpha Condé sur la question. « Nous ne sont pas des jeunes qui ont pour option la violence. Ce n’est pas non plus un ultimatum qu’on lance au chef de l’Etat. Mais plutôt un plaidoyer simplement parce que deux camps ne peuvent pas se battre et qu’on mettre un seul camp en prison. Quand ça se passe comme ça, ça ne favorise pas l’atmosphère d’investissement. Et nous, en tant que jeunes leaders, en tant que jeunes entrepreneurs, en tant que jeunes soucieux du développement de la région de N’Zérékoré, nous lançons cet appel solennel au chef de l’État pour lui demander de ne tenir compte de la voix de qui que ce soit. De prendre la décision de libérer ces détenus pour attirer les investisseurs vers N’Zérékoré », a-t-il exhorté.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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