Très nombreux dans les mines d’or de Siguiri, les ressortissants burkinabés sont victimes de beaucoup d’abus dans cette préfecture de la Guinée. Des citoyens tout comme des agents des forces de l’ordre s’en prennent régulièrement à ces mineurs étrangers pour les dépouiller de tout ce qu’ils ont. Et les victimes n’osent jamais se plaindre par peur d’être rapatriés, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

Selon nos informations, c’est dans les sous-préfectures de Doko et Kintinian que ces exactions sont constatées. Un journaliste d’une radio privée locale, qui a été témoins de plusieurs cas, a accepté de témoigner. Mais, pour des mesures de sécurité, il a requis l’anonymat. « Les mineurs burkinabés souffrent énormément aujourd’hui à Siguiri. Les agents de police ne sont pas les seuls à s’en prendre à eux.

Même les citoyens le font, surtout les responsables des jeunes. Quand ils n’ont pas d’argent, ils installent des soi-disant barrages de contrôle pour dépouiller les burkinabés. Ces derniers ont peur d’être rapatriés, c’est pourquoi quand ils sont victimes, ils ne se plaignent pas. Il y a quelques jours, des jeunes ont arrêté deux burkinabés à Sala, un district de Doko. Même l’or qu’ils possédaient, ils ont tout pris.

Après, ils les ont menacés en disant que s’ils se plaignent, ils seront rapatriés. Dans un autre village, un corps sans vie a été retrouvé, on ne sait pas comment il est mort. Mais comme il est burkinabé, le chef du village a donné le corps aux jeunes pour l’enterrer sans qu’aucune enquête ne soit menée sur les circonstances de sa mort », a-t-il regretté.

De son côté, Balla Camara, conducteur de taxi moto, raconte une scène qu’il a vécue il y a quelques jours. « La dernière fois, je partais à Kintinian, j’ai rencontré deux jeunes burkinabés qui pleuraient. Quand je leur ai demandé pourquoi ils pleuraient, ils m’ont dit que c’est un jeune taxi-motard qui a pris leur argent, plus 6 grammes d’or et deux téléphones.

Selon eux, le jeune a fait semblant de les aider en leur disant de lui remettre tout ce qu’ils possédaient jusqu’à ce qu’ils traversent le barrage de contrôle. Mais après avoir traversé le barrage, le jeune ne leur a rien rendu, il est parti avec tout », a témoigné ce citoyen.

D’autres témoignages laissent entendre que même dans la circulation, les ressortissants burkinabés sont parfois victimes de discrimination et d’abus. Certains transporteurs les font payer beaucoup plus que ce que payent les Guinéens comme frais de transport. « Ces burkinabés ont peur maintenant, ils ne savent plus où donner la tête », soutient Mamady Camara, gérant d’un bar café.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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