Quatre jours après la libération des militants du FNDC, opposés à un troisième mandat d’Alpha Condé, les langues commencent à se délier. Selon leur avocat, Me Aboulaye Kéïta, joint au téléphone par Guineematin.com, il y a eu une justice « de deux poids deux mesures », une violation flagrante de la loi.

Comme annoncé dans nos précédentes publications, les sept membres du FNDC- arrêtés après les violences pré-électorales qui ont secoué la sous-préfecture de Sarébhoïdho (préfecture de Koundara) au mois de mars dernier- ont été libérés dans la matinée du samedi 08 août 2020. Depuis, plusieurs personnes s’interrogent sur ce qui a concouru à leur libération sans procès.

Maître Abdoulaye Kéïta, avocat du FNDC

Joint au téléphone par Guineematin.com ce mardi, 11 août 2020, leur avocat, Me Abdoulaye Kéïta, s’est félicité de cette libération avant de dénoncer une justice non équitable. « Quand j’ai introduit une lettre de mise en liberté provisoire à travers une documentation, le juge m’a dit qu’il faut interroger d’abord les mis en cause. Ils ont été interrogés un à un ; et, cette première demande a été rejetée. C’est ainsi que j’ai exigé qu’on appelle la partie civile dont Diouldé Kéïta et un certain Issagha, tous du RPG, qui sont venus dire qu’ils n’étaient pas prêts à être entendus. Finalement, ils ont appelé Conakry pour se trouver un avocat ; et, celui-ci n’est pas parti aussi. J’ai utilisé mes contacts ; et, avec l’appui de l’ONG Amnesty International basée à Dakar, la pression a commencé », a-t-il expliqué à l’entame.

Mais, après analyse, l’avocat a trouvé des bizarreries dans ce dossier. « La manière dont les choses se sont passées est un peu bizarre. Il y a eu des victimes dans les deux camps ; mais, il y a eu une justice de deux poids, deux mesures. D’abord, ce sont les éléments du RPG Arc-en-ciel qui ont été les premiers à incendier et à causer des dégâts. Plusieurs magasins appartenant aux membres du FNDC ont été détruits et pillés. Les auteurs qui se trouvent être les partisans du pouvoir n’ont jamais été interpellés. Pire, les parties civiles, notamment Diouldé Kéïta et Issagha ont été interrogés au niveau de la sous-préfecture en lieu et place de la police ou bien de la gendarmerie. Ce qui est une violation flagrante de la loi », dénonce Me Kéïta.

Sans confirmer le payement d’argent pour leur libération, Me Abdoulaye Kéïta avoue que les biens de la partie civile ont été remboursés par ses clients. « Je ne sais pas s’ils ont payé de l’argent en liquide ; mais, les biens des autres ont été réparés. Dans les négociations, les membres du FNDC ont cotisé de l’argent pour la réparation des dégâts causés chez les partisans du RPG Arc-en-ciel. Tout a été réparé de leur côté ; mais, au niveau du FNDC, rien n’a été fait ; alors qu’il y a eu des dégâts de part et d’autre. Donc, dans ce dossier, le droit n’a pas été dit. Il fallait appeler les deux camps pour les entendre, à défaut, faire un procès. Mais, c’est difficile aujourd’hui dans notre pays. La justice n’est plus indépendante parce qu’il suffit juste d’appeler la haut pour dire ce qu’il faut pendant que le droit est devant eux. Et, donc, le tribunal de Koundara est passé à côté », soutient-il.

Bref, l’avocat annonce que ses clients saisiront à leur tour la justice pour tenter d’obtenir réparation. « J’ai dit à mes clients de se tenir tranquille parce qu’après tout, il faut qu’on revienne vers le tribunal pour qu’ils obtiennent réparation », a indiqué Me Kéïta.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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