Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

« Monsieur le président, la Guinée souffre de beaucoup de maux. Nous voulons que ça change. Mais, notre volonté de faire changer les choses est tuée. Nous sommes brimés, on veut nous voler nos droits ; et, des gens comme Foniké Menguè sortent pour empêcher qu’on nous vole ce qui nous est cher. Au lieu que les voleurs ne soient arrêtés, c’est plutôt les victimes qui sont inquiétés. Pourquoi chaque fois qu’il s’agit d’une revendication de nos droits, l’Etat sort des chars, des camions et autres munitions pour réprimer les honnêtes citoyens ? Lorsqu’on porte plainte, si la justice nous répond, c’est pour dire qu’elle a classé l’affaire ».

Le procès du responsable des antennes et des actions du FNDC, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, se poursuit ce vendredi, 21 août 2020, au tribunal de première instance de Dixinn. Après les réquisitions du procureur hier, cette quatrième audience est consacrée aux plaidoiries des avocats de l’opposant à un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Et, c’est maître Mohamed Abou Camara, membre du collectif des avocats de la défense, qui a ouvert le bal. Durant toute son intervention, l’avocat a cherché à justifier que Foniké Menguè n’a commis aucun délit qui pourrait le conduire en prison. Selon lui, l’activiste de la société civile et ses collègues du FNDC mènent un combat noble, en cherchant à défendre la constitution guinéenne.

Mohamed Abou Camara, membre du collectif des avocats de la défense de Foniké Menguè

« Malheureusement, c’est un monsieur comme Oumar Sylla dit Foniké Menguè qui a accepté de tout sacrifier pour défendre cette loi fondamentale, qui se retrouve par devant votre tribunal. Voilà les raisons profondes de la présence de notre client ici à cette barre. Monsieur le président, je suis heureux de défendre par devant votre tribunal des hommes intègres comme celui-ci. Monsieur le président, combien de personnes sont mortes au cours des manifestations politiques ? Le procureur n’a jamais pipé mot. Combien de personnes ont été massacrées dans ce pays ?

Mais, malheureusement, lorsque les honnêtes gens parlent, ils sont traînés par devant votre tribunal. La mission donnée à Alpha Condé, conformément à notre loi fondamentale, c’est deux mandats non renouvelables. Mais, le monsieur veut s’entêter. Ce n’est pas par des arrestations comme ça que l’Etat peut freiner l’élan de ces hommes et femmes qui veulent que ça change.

Monsieur le président, la Guinée souffre de beaucoup de maux. Nous voulons que ça change. Mais, notre volonté de faire changer les choses est tuée. Nous sommes brimés, on veut nous voler nos droits, et des gens comme Foniké Menguè sortent pour empêcher qu’on nous vole ce qui nous est cher. Au lieu que les voleurs ne soient arrêtés, c’est plutôt les victimes qui sont inquiétés. Pourquoi chaque fois qu’il s’agit d’une revendication de nos droits, l’Etat sort des chars, des camions et autres munitions pour réprimer les honnêtes citoyens ? Lorsqu’on porte plainte, si la justice nous répond, c’est pour dire qu’elle a classé l’affaire.

Monsieur le président, le FNDC est composé d’honnêtes gens, qui n’ont pas leur place à la prison. C’est le camp d’en face qui doit se retrouver ici et non le contraire.

Monsieur le président, Foniké Menguè a parlé de l’Armée qui tue. Foniké Menguè a parlé de l’augmentation des salaires des militaires. Mais, à quel moment cette augmentation a eu lieu ? C’est à l’approche d’un moment crucial, c’était à l’approche du référendum. Depuis combien de temps les enseignants revendiquent une amélioration de leurs salaires ? Depuis combien de temps le syndicat est en grève ? Au lieu que ceux-ci soient satisfaits, c’est plutôt l’armée qui n’a pas demandé une amélioration de salaire qui en reçoit.

Monsieur le président, le FNDC a été capable de faire ce qui n’avait jamais existé. Seul le FNDC a réussi à unir tous les Guinéens sans distinction de race ni de religion pour un noble combat.

Monsieur le président, tous les gens qui sont pour la vérité sont inquiétés dans ce pays. Kéléfa Sall a dit la vérité, après c’est une crise institutionnelle qui a été déclenchée. Aujourd’hui, Oumar Sylla a dit la vérité, il est aussi inquiété. Monsieur le président, osez dire le droit.

Monsieur le président, faites en sorte que les gens sachent que ce procès se tient utilement. En le faisant, les gens sauront que ce procès a pris du temps mais le droit a été dit. Monsieur le président, sauvez ce pays en disant le droit », a plaidé Me Mohamed Abou Camara.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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