Comme annoncé précédemment, la circulation a été fortement perturbée le weekend dernier sur la route Kankan-Mandiana. Et, pour cause, le pont de fortune (un conteneur) qui facilitait jusqu’ici la traversée de la rivière « Limbo » à Sanfina (un district relevant de la sous-préfecture de Balandou, dans la préfecture de Kankan) a été emporté par les eaux. Ce qui a ainsi contraint les nombreux usagers de ce tronçon à se rabattre sur le dangereux pont métallique (pont de 15 tonnes) qui était jusque-là laissé pour compte.

Malheureusement, le passage sur ce « pont qui vibre » à chaque passage de véhicule a été sélectif. Les autorités ont interdit aux gros camions de traverser sur ce pont peu rassurant. Mais, après trois jours passés sur les lieux, les chauffeurs de camions se sont révoltés contre cette décision pour faire traverser leurs engins. Ils ont même failli en venir aux mains avec les agents de sécurité qui y étaient postés pour filtrer le passage, apprend-on.

Selon les informations recueillies par un des correspondants de Guineematin.com dans la région, lorsque le pont de fortune de Sanfina (situé 14 kilomètres du chef lieu de la préfecture de Kankan et à 71 kilomètres de celui de Mandiana) a été emporté le jeudi dernier par les eaux, le gouverneur de la région de Kankan avait dépêché des agents de sécurité sur les lieux. Ces agents avaient pour instruction de ne laisser passer aucun camion sur le pont métallique qui tremblote comme une feuille à chaque fois qu’il est abordé par un véhicule. Et, pour un début, cette mission était plutôt facile pour les agents. Mais, face aux énormes embouteillages qui se sont ensuite formés de part et d’autres de la « rivière Limbo », les agents de sécurité ont été débordés. Et, les nombreux chauffeurs de camions qui étaient bloqués sur les lieux ont bravé l’interdiction de passage. Ceci, après trois jours de galère pendant lesquels ils ont faisaient face à une pluie intense et incessante.

« Nous sommes là depuis hier nuit, bloqués par les forces de l’ordre. Ils disent que le gouverneur leur a dit de ne pas laisser les gros camions passer sur le pont de 15 tonnes. Et, les camions qui sont là ne dépassent pas 15 tonnes. Mais, quand on leur dit ça, ils (les agents de sécurité) nous demandent de partir dire cela au gouverneur pour qu’il libère la route », a expliqué Seydou Condé, un convoyeur très remonté contre les agents qui font la sourde oreille face aux cris de détresse des chauffeurs de camions.

Pour Souleymane Cissé, la situation désastreuse dans laquelle les usagers se trouvent aujourd’hui confrontés sur le tronçon Kankan-Mandiana n’est autre que le résultat de la mauvaise foi de l’Etat à bien construire cette route très fréquentée. Et, pour lui, interdire aux camions de passer sur le pont métallique n’est guère une solution au problème actuel.

« Depuis combien d’années ils sont sur la route-là ? Tout le problème de la route, c’est l’Etat… Si les autorités interdisent le passage des gros camions qui transportent les marchandises, comment Mandiana va vivre ? Donc, cette interdiction n’est vraiment pas la solution », a indiqué ce chauffeur de camion.

Abordant dans le même sens, Moussa Keïta pointe également un doigt accusateur sur le gouvernement. « La route là, quand on demande au gouverneur, il accuse la société GUITER. Et, si on interroge GUITER, cette société accuse à son tour le gouvernement. Donc, on n’a plus d’espoir. Tout ce qu’on nous dit, c’est que tout est financé. Mais, en réalité, rien n’est fait. Et, pour preuve, voilà ce pont. C’est Dieu seul qui nous sauve ici », a pour sa part indiqué Moussa Keïta.

À rappeler que dans la soirée du samedi, après d’intenses négociations entre le syndicat des transporteurs et les autorités de Kankan, la traversée des gros camions sur le pont métallique a été autorisée.

De Mandiana, Mamady Konoma Keita pour Guineematin.com

Tél. : 625 81 03 26

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin