Attaque du domicile d’Elhadj Sékhouna : « nous ne sommes plus dans un Etat démocratique »

Dr Jean Dimiti Tolno, président de la coordination des unions forestières de Guinée

Comme annoncé précédemment, le domicile du Kountigui de la Basse Côte, Elhadj Sékhouna Soumah, a été victime d’attaque dans la journée d’hier, mardi 1er septembre 2020. Alors que les sages des quatre coordinations régionales du pays étaient réunis pour exprimer leur opposition au projet de troisième mandat du président Alpha Condé, les forces de l’ordre ont fait une descente musclée sur les lieux. Les agents ont pulvérisé la concession de l’autorité morale de la Basse Guinée de bombes lacrymogènes, dispersant la foule et obligeant les sages à se barricader dans la maison.

Réagissant à cette attaque au micro d’un reporter de Guineematin.com qui était sur place, le président de la coordination des unions forestières a fustigé un acte qui prouve que nous vivons aujourd’hui sous une dictature en Guinée. Dr Jean Dimiti Tolno a appelé l’opinion nationale et internationale à se lever pour sauver le pays. « Cette rencontre visait à faire appel à tout le peuple de Guinée, à l’opinion nationale et internationale afin de faire appel au chef de l’Etat guinéen pour qu’il accepte la table ronde avec tous les dirigeants politiques pour pouvoir trouver une solution à la situation qui prévaut dans le pays.

Car tout le monde le sait que Alpha Condé est venu au pouvoir pour ne faire que deux mandats. Et, nous savons comment ces deux mandats se sont passés, particulièrement pour la Guinée forestière. Nous savons combien de fois la région forestière a été victime d’exactions, de tueries, de fosses communes. A l’heure où je vous parle, on a environ 42 prisonniers à Kankan. Dans la ville de N’Zérékoré, la population se sent prisonnière des Donzos (chasseurs traditionnels proches du pouvoir).

Donc, il n’y a aucune quiétude. Vu tous ces cas, nous sommes les sages de ce pays, et nous sommes les autorités morales, nous ne pouvons pas voir à l’horizon le danger qui vient vers la population et nous taire là-dessus. Il faut qu’on dénonce et il faut qu’on fasse appel à l’opinion nationale et internationale pour qu’on puisse trouver la solution aux problèmes de la Guinée, autour d’une table ronde. Nous étions là donc pour faire cette déclaration, et on nous envoie des militaires nous lancer des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Nous avons compris que nous ne sommes plus dans un Etat démocratique. C’est la dictature que nous vivons présentement dans ce pays. Nous demandons à l’opinion nationale et internationale, à toutes les organisations internationales, de venir en aide au peuple de Guinée. Car le peuple est souffrant. Pour qu’il soit mis fin à la souffrance du peuple de Guinée, il faut qu’il y ait l’assistance de l’opinion internationale », a déclaré le président de la coordination nationale des unions forestières.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

-Publicité-spot_img
-Publicité-spot_img

AVIS & COMMUNIQUÉS

PUBLIREPORTAGE

OFFRE D'EMPLOIS