La situation est tendue ce lundi, 07 septembre 2020, à Bonfi Hèrèmakônon (dans la commune de Matam) où des jeunes sont descendus dans la rue pour ériger des barricades et brûler les pneus pour exprimer leur opposition à un troisième mandat du président Alpha Condé. Avec détermination et rage, ces jeunes ont tenu tête aux forces de l’ordre, venues de la CMIS N°19 de Matam. Les deux groupes se sont affrontés à coups de gaz lacrymogènes contre jets de pierres, rapporte un journaliste que Guineematin.com a déployé sur place.

Depuis l’annonce de la candidature de l’actuel chef de l’Etat guinéen à l’élection présidentielle du 18 octobre prochain pour un troisième mandat à la tête de la Guinée, des manifestations spontanées sont enregistrées çà et là à Conakry, la capitale guinéenne. Et, dans la matinée de ce lundi, ce sont les jeunes de Bonfi Hèrèmakônon qui sont sortis dans la rue pour dénoncer cette « imposture » et exprimer leur désarroi sur la paupérisation sans cesse croissante des guinéens sous l’ère Alpha Condé. Et, pour mieux se faire entendre, ces jeunes ont pris d’assaut l’autoroute Fidel Castro où ils ont érigé des barricades et brûlé des pneus.

AbdoulayeBah, jeune manifestant

« Rien ne bouge actuellement dans notre pays. Le monsieur (Alpha Condé) a dit un moment qu’il est démocratiquement élu ; donc, il n’a qu’à déguerpir démocratiquement pour ne pas perturber la situation. Regardez la jeunesse guinéenne aujourd’hui ! Comment les choses se passent ? Nos pères, nos mères, même nous les jeunes, tout le monde souffre. C’est pour exprimer notre opposition catégorique à un troisième mandat d’Alpha Condé que nous sommes là aujourd’hui », a indiqué Bah Abdoulaye, un des jeunes manifestants.

Déployés sur le terrain pour disperser les manifestants, les agents des forces de l’ordre ont eu du mal à gagner du terrain dans un premier temps. A leurs tirs de gaz lacrymogènes, les jeunes ont répondu par des jets de pierres. Mais, après un dur face à face, les forces de l’ordre ont finalement réussi à prendre le dessus et à les disperser.

« On a été empêché par les forces de l’ordre la CMIS numéro de 19. On a même été attaqué chez nous. C’est un peu gauche. Je suis sur mes nerfs par rapport la situation de mon pays. Parce que ça ne va pas. Rien ne va actuellement. En tant que citoyen libre, mon premier mot que j’allais dire face à Alpha Condé, c’est qu’il est élu démocratiquement, il doit quitter démocratique. Je n’ai pas froid aux yeux pour lui dire ça. Et, c’est parce que je suis citoyen guinéen comme lui », a laissé entendre un manifestant visiblement très en colère.

A noter que pour le moment, les affrontements se sont estompés et les forces de l’ordre ont réussi à rétablir la circulation sur l’axe principal de l’autoroute. Mais, les agents et les jeunes (retranchés dans le quartier) se regardent en chiens de faïence. Preuve que tout peut dégénérer à tout moment…

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Mohamed Doré pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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