Dr Ousmane Doré, président du MND, candidat à la présidentielle du 18 octobre 2020

Le contenu du fichier électoral, publié hier par la CENI, continue de susciter des réactions au sein des partis en lice pour la présidentielle du 18 octobre prochain. Dr Ousmane Doré, le candidat Mouvement National pour le Développement (MND), s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mardi, 15 septembre 2020. Il relève plusieurs points qui ont besoin d’éclaircissements, notamment les disparités régionales en termes du nombre d’électeurs.

« Nous avons noté beaucoup d’irrégularités, parce qu’il faut le dire ainsi. Nous sommes encore dans l’analyse des chiffres parce que nous voulons mettre en face de ces chiffres électoraux, les chiffres démographiques. Mais, nous ne comprenons pas parfaitement en quoi une ville comme Mandiana peut avoir beaucoup plus d’électeurs qu’une ville comme Kindia ou Boké. On voit que Siguiri est un vivier électoral et peut-être beaucoup plus grand qu’une commune comme Ratoma (l’une des cinq communes de Conakry). On explique ça par le secteur minier ; mais, Kérouané a une zone minière qui est Banankoro. Pourquoi Kérouané n’en a pas autant ? Donc, il y a ces choses qui restent à expliquer.

Peut-être qu’on va me dire que certaines zones n’ont pas connu d’engouement dans l’enrôlement, mais il est très difficile de comprendre certaines statistiques. Si vous prenez juste par région naturelle, vous verrez que la Moyenne Guinée c’est quasiment 12% au total, alors que la Haute Guinée est à 30%. Je dis que je n’ai pas d’apriori, mais ce qui m’interpelle, c’est de dire comment est-ce que ces enrôlements ont été effectués pour qu’il y ait une concentration dans certaines zones spécifiques. Encore une fois, en relation avec la démographie, il est difficile de comprendre cette répartition irrégulière », a réagi l’ancien ministre.

Ce candidat à la présidentielle du 18 octobre constate également une faible représentativité des Guinéens vivant dans certains pays étrangers. « En ce qui concerne les statistiques de l’extérieur, je n’ai pas vu le Sénégal, qui est un pays où vivent de nombreux guinéens. Je pense que ça demande de regarder ces choses de près parce que personne n’a intérêt à avoir un fichier qui est biaisé. Nous ne sommes pas des techniciens, mais nous demandons un minimum de transparence ».

Face à cette situation, Dr Ousmane Doré souhaite une concertation plus large entre les candidats en lice et la commission électorale pour savoir sur quel pied danser. « Maintenant, on va mutualiser avec les autres partis pour voir s’il faut avancer avec ça ou pas. Je pense qu’avec les autres partis, nous avons un intérêt commun à nous asseoir avec la CENI pour balayer un certain nombre de questions et être sûrs que ce processus commence dans les conditions normales. On ne peut pas aller avec toutes ces questions floues dans nos têtes », a-t-il laissé entendre.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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