Bah Oury prédit : « après l’élection présidentielle, la Guinée va exploser dans un cocktail de crises »

président du parti UDRG (Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée)

Comme annoncé précédemment, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) a tenu une plénière hier, mercredi 16 septembre 2020, à Conakry. Et, au sortir de cette rencontre, Bah Oury, le président l’UDRG (Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée), a réitéré son attachement à la limitation des mandats présidentiels et à l’alternance démocratiques en Guinée. L’opposant au régime Alpha Condé assure cependant que la Guinée a accumulé des crises qui font que même après les élections du 18 octobre, le pays va exploser dans un cocktail de crises, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Pour son speech du jour, le leader de l’UDRG a commencé par rappeler au président Alpha Condé- qui joue souvent à la victimisation- leur lutte commune pour une Guinée mieux gouvernée face à une autre dictature.

« Monsieur Alpha Condé a l’habitude de dire que c’est contre lui, contre sa personne, que les gens manifestent. Mais, je rappelle, un peu plus jeune que maintenant, on était ensemble pour s’opposer à la dictature du PUP (le parti du Général Lansana Conté) de l’époque. On était ensemble pour lutter pour une conférence nationale souveraine en Guinée, pour permettre de mettre les bases d’une gestion concertée et consensuelle, pour mettre en place des institutions crédibles et solides en République de Guinée. Le 28 septembre 2009, j’étais avec certains de ses lieutenants les plus proches ; et, certains d’entre eux ont frôlé la mort », a rappelé Bah Oury.

Par ailleurs, le président de l’UDRG a justifié le sens de son combat actuel au sein du FNDC et a réitéré son opposition à un troisième mandat en Guinée. L’opposant accuse d’ailleurs son compagnon d’une autre époque (Alpha Condé) d’être aujourd’hui l’obstacle à la concrétisation de leur rêve d’une Guinée prospère.

« Nous sommes contre une présidence à vie, nous sommes pour la limitation des mandats. Parce que notre histoire a montrer que la durée d’un président, quel qu’il soit, au pouvoir ramène le pays en retard et bloque l’évolution du pays et de la société guinéenne. C’est pour cela que depuis 1984, il a été dit qu’il faut limiter la possibilité pour un président de la République de rester au pouvoir. Nous n’avons pas réussi à le concrétiser jusqu’à présent ; et, monsieur Alpha Condé y a une large responsabilité. Aujourd’hui, c’est lui qui est de l’autre côté de la barrière, c’est lui qui utilise ce qu’il avait dénoncé hier contre son propre peuple. Je dis et je répète : nous voulons que les présidents aient deux mandats seulement dans la mesure où ils ont été réélus de manière démocratique. Nous le voulons parce que la gouvernance vertueuse ne peut pas aller avec une longue durée au pouvoir. Nous manquons de l’essentiel », a indiqué Bah Oury.

Selon le président de l’UDRG, la Guinée se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique. Et, pire, après l’élection présidentielle, le pays pourrait exploser et plonger dans un cocktail de crises qui pourrait le faire basculer vers l’instabilité.

« La crise scolaire qui est endémique dans ce pays met les enfants et l’avenir du pays dans une situation catastrophique. Il y a d’autres choses fondamentales dans lesquelles la Guinée a accumulé des crises et des crises qui font que même après le 18 octobre, quelle que soit l’issue de ce qu’il y aura, la Guinée va exploser dans un cocktail de crises qui feront que la gouvernance sera une gouvernance chahutée… Ça sera une gouvernance qui, soit : elle change radicalement, ou bien elle plonge la Guinée dans l’instabilité. C’est pour tout cela, pour la paix, la stabilité, l’amélioration des conditions de vie des populations… que nous luttons. C’est pour cela qu’il n’y a pas de frontière entre ceux qui émargent dans l’opposition et ceux qui émargent ailleurs. Tous les Guinéens sensibles et inspirés par la nécessité d’améliorer le sort des Guinéens sont invités à s’impliquer et à impliquer la lutte du FNDC qui, dans le contexte actuel, est la force qui va ramener les Guinéens à agir unis pour un véritable changement démocratique », a martelé Bah Oury.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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