Halimatou Dianwadou Baldé, vice-présidente CNJ du BL,

S’achemine-t-on vers une dislocation du Bloc Libéral ? La question vaut son pesant d’or dans la mesure où depuis quelques temps, cette formation politique de l’opposition semble fumer la moquette. Le président du BL, Dr Faya Lansana Millimouno, fait face à une rude adversité au sein de son propre parti. Certains jeunes cadres du BL l’accusent d’être un « dictateur » à la tête de cette entité politique. Et, pire son autorité est aujourd’hui vivement contestée.

Dans une interview accordée à Guineematin.com hier, vendredi 18 septembre 2020, la vice-présidente du Conseil National des Jeunes du Bloc Libéral, a dit que le mandat de Dr Faya L. Millimouno a expiré depuis fin août dernier. Halimatou Dianwadou Baldé accuse le président du BL de vouloir annuler le récent congrès du parti, dans le but inavoué d’éjecter de ses rangs ceux qui ne se plient pas à sa volonté.

Décryptage !

Guineematin.com : depuis quelques semaines, il y a des bisbilles au niveau de votre parti, le Bloc Libéral. Qu’est-ce qui se passe réellement ?

Halimatou Diawadou Baldé : comme vous le savez, dans les textes du Bloc Libéral, il est dit que les structures nationales sont élues pour un mandat de 5 ans. Donc, on a organisé notre premier congrès en fin juillet 2015 ; et, dans les conditions normales, en 2020, le mandat avait expiré et il était question d’organiser un congrès pour renouveler les instances du parti.

Selon nos textes, pour organiser un congrès, il faut au préalable informer les gens au moins 3 mois à l’avance. Malheureusement, le mandat du président et du bureau avait expiré au mois de juillet. Nous sommes restés comme ça et les gens étaient hors mandat. Ils ont attendu fin juillet, à l’expiration de leur mandat pour venir informer de l’organisation d’un congrès dans un mois. Et, le 06 août, il a été acté que le congrès s’organise à la fin du mois, c’est-à-dire les 29 et 30. Cela veut dire que le délai légal prescrit par nos textes n’a pas été respecté.

Lorsqu’ils ont posé le problème au niveau du bureau exécutif, il y a des gens qui ont estimé que le délai n’était pas raisonnable et qu’il faudrait prendre le temps nécessaire pour organiser le congrès dans les règles de l’art. Dr Faya Millimouno n’a pas voulu entendre raison et il a tellement insisté que c’est comme s’il y avait quelque chose qu’il préparait derrière. Sachant que dans notre bureau exécutif, il s’est arrangé pour avoir une majorité négative, autrement dit des gens qui sont dans le bureau et qui n’ont d’avis que son avis à lui. C’est ainsi qu’il a été décidé d’aller en congrès.

Nous avons organisé un congrès physique pour les fédérations qui sont à Conakry et qui sont partis au siège ; et, un congrès en ligne, via zoom pour ceux qui sont en dehors de Conakry. On a voté ici au siège, devant les médias ; et, les résultats partiels ont été sortis. En ligne, les gens ont voté pour les quatre structures nationales ; à savoir : le bureau national des femmes, celui des jeunes, des sages et le bureau exécutif dont Dr Faya était le président.

Pendant l’élection, les trois bureaux (celui des femmes, des jeunes et de sages : ndlr) n’ont eu aucun problème ; mais, arrivée au niveau du bureau exécutif, le vote  physique s’est passé librement. C’est au niveau du vote en ligne où ils ont estimé qu’il y a eu des anomalies. En principe, tous les résultats devraient être connus le même jour parce que tout le monde voyait le pourcentage au fur et à mesure. Mais, ils ont refusé de donner les résultats. 72 heures après, nous avons commencé à réclamer les résultats et nous avons estimé que s’ils refusent de publier ces résultats, c’est qu’ils veulent les modifier.

C’est plus de 10 jours après que Dr Faya est venu nous dire que le congrès doit être annulé. Nous avons dit non, on ne peut pas annuler un congrès passé devant tout le monde, y compris les médias. Nous avons dit que dans une élection, on peut rencontrer des anomalies majeures ou mineures ; mais, lorsqu’on trouve que le problème se situe à un seul niveau, même si c’est le bureau exécutif où on suppose que le zoom a caché quelque chose, qu’on reprenne pour celui-là et qu’on conserve les autres résultats. Mais, on ne peut pas tout reprendre. Mais, il veut qu’on annule le tout parce qu’il y avait des personnes avec lesquelles il voulait se débarrasser depuis longtemps.

Des personnes qu’il a du mal à manipuler. Donc, il voulait les exclure, peut-être à travers le congrès. Mais, vu que les mêmes personnes ont été réélues, il n’arrive pas à le digérer. C’est pourquoi il trouve des alibis pour demander l’annulation du congrès. Voilà tout le problème qui mine notre parti. Aujourd’hui, chaque partie campe sur sa position. C’est parce que les personnes acquises à sa cause n’ont pas été élues, c’est pourquoi Dr Faya veut faire reprendre le congrès. C’est nous qu’il voulait éjecter sur la base d’un principe simple parce que nous, nous n’acceptons pas d’être dans le bureau en train de partager toujours ses avis.

On ne peut pas faire le culte de personnalité comme il le souhaite. Ils ont attendu que les gens s’accrochent, qu’il y ait un affront entre ceux qui réclament les résultats et ceux qui sont acquis à sa cause. Comme ça, il pense que la tendance va être inversée. Mais, nous lui avons dit qu’il n’a pas mandat d’annuler le congrès parce que son mandat à lui a expiré depuis le 26 juillet. Quelqu’un dont le mandat a périmé ne peut pas annuler un congrès légal.

Guineematin.com : Quels sont les arguments avancés par Dr Faya Millimouno pour dire qu’il faut forcement annuler votre congrès ?

Halimatou Diawadou Baldé : Il paraîtrait qu’il y a eu des anomalies pendant le vote en ligne ; mais, c’est à vérifier. En tout cas, le vote en ligne qui s’est déroulé ce jour, les militants qui ont voté ont tout suivi. Il n’y a pas eu d’anomalies. Le vote physique à Conakry aussi s’est bien déroulé. Le camp de Dr Faya prétend qu’il y a eu des votes par SMS et qu’il faut annuler le tout. Et nous, nous estimons que dans une élection, si on trouve qu’un bulletin ou une urne a des problèmes, on écarte celui-ci et on conserve les autres. C’est comme une élection législative où on dit par exemple qu’il y a des anomalies dans un bureau à Kaloum, on annule le bureau mais pas pour toute la commune. L’unique problème de Dr Faya Millimouno, c’est qu’il cherche à inverser les résultats du congrès. C’est parce qu’il n’est pas satisfait des résultats obtenus ; car, les gens qu’il avait préparés pour évincer les autres n’ont pas été élus par les militants à la base.

Guineematin.com : A quoi est-ce qu’on peut s’attendre maintenant ?

Halimatou Diawadou Baldé : Pour l’instant, nous sommes en train de nous battre, parce que nous n’accepterons pas que le congrès soit annulé. La décision de Dr Faya est nulle et de nul effet parce qu’il est un président périmé. Son mandat a expiré depuis le 26 août. Donc, il n’est plus le président du Bloc Libéral. Il est un simple militant comme nous autres. En attendant que l’élection du bureau ne soit reprise et qu’il soit réélu. Il n’a pas mandat à annuler quoi que ça soit. Nous allons continuer à contester sans faire comme les militants des autres partis politiques où le président frustre les gens pour les pousser à la sortie. Nous avons travaillé dur pour le BL. C’est ceux qui continuent à violer les textes du parti, à leur tête Dr Faya Millimouno, qui doivent arrêter. Ou bien, s’ils estiment qu’ils ne peuvent pas se conformer aux textes du parti, qu’ils partent ailleurs. Mais, on ne va pas céder. Sinon, il y aura peut-être deux BL : celui qui respecte les textes et l’autre sous la dictature de Faya Millimouno et ses valets qui tournent autour de lui pour faire exécuter ses ordres. 

Entretien réalisé par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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