Comme annoncé précédemment, de nombreux étudiants de l’université Général Lansana Conté de Sonfonia ont manifesté ce lundi, 21 septembre 2020, contre la cherté des frais de transport à Conakry. Ils ont investi la rue et érigé des barricades à la devanture de l’institution d’enseignement supérieur, empêchant la circulation pendant plusieurs heures. Des affrontements les ont opposés aux forces de l’ordre, qui sont intervenues à coups de gaz lacrymogène pour les disperser, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Après avoir longtemps patienté, ces étudiants disent être à bout de souffle. Ils exigent la baisse des frais de transport, qui ont doublé suite à l’instauration de l’état d’urgence, il y a de cela 6 mois. C’est pourquoi ils sont descendus en grand nombre dans la rue pour se faire entendre.

Ousmane Camara, étudiant en licence 2, Banques et Finances université Sonfonia

« L’objectif de notre manifestation, c’est de demander au gouvernement de diminuer le coût du transport. Au lieu de 3000 francs guinéens, nous voulons payer 1500 francs par tronçon, comme c’était le cas avant. Ils ont dit que l’augmentation des frais de transport vise à diminuer le nombre de passagers dans les taxis, afin de respecter la distanciation sociale et empêcher la propagation de la maladie du coronavirus. Mais, nous constatons que la campagne électorale a commencé dans le pays, et la distanciation sociale n’est pas respectée. Alors, ils doivent faire revenir le coût du transport à la normale, c’est-à-dire 1500 francs par tronçon. Nous souffrons ici. Nous lançons un cri de cœur et demandons au gouvernement d’agir pour aider les étudiants qui sont dans le pays. Eux (les gouvernants, ndlr), leurs enfants se trouvent soit au Canada, aux Etats-Unis ou en Europe ; et nous, nous sommes là. Fils de pauvres, nous sommes là, nous souffrons de la hausse des frais de transport. Donc, étant une jeunesse responsable, nous réclamons nos droits de façon pacifique. Il faut réduire les frais de transport ou bien fermer les universités », a déclaré Ousmane Camara, étudiant en licence 2 Banques et Finances.

Niakana Traoré, étudiant en licence 2, université Sonfonia

Abondant dans le même sens, Niakana Traoré, un autre étudiant, soutient qu’il est inacceptable que des grands rassemblements soient organisés dans le cadre de la campagne électorale et que les frais de transport ne baissent pas sous prétexte qu’on est en période d’état d’urgence sanitaire. « Nous manifestons parce que depuis que nous avons repris les cours, le coût du transport n’a pas diminué. Avec tout ça, on voit des militants des partis politiques remplir des salles pour battre campagne sans le respect d’aucune mesure barrière. Nous sommes des étudiants et nous venons de loin. On paie le loyer, et le transport est trop cher. C’est pourquoi nous voulons exprimer notre ras-le-bol pour exiger la baisse du prix du transport. Actuellement, nous payons 3.000 francs par tronçon, et on veut que le prix revienne à la normale, c’est-à-dire à 1500 GNF ».

Pancartes et banderoles en mains, les étudiants ont occupé la rue pendant plusieurs heures, avant que les forces n’interviennent pour les disperser violemment. Des heurts ont opposé pendant un long moment les manifestants aux agents de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Sonfonia. Ces derniers ont procédé à quelques arrestations, dont une fille qui a été libérée peu après son interpellation. Au moment où notre reporter quittait les lieux, les deux camps échangeaient encore des jets de pierres contre bombes lacrymogènes.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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