Me Salifou Béavogui, entouré de ses deux clients et responsables du FNDC, Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno

Comme annoncé précédemment, le commissaire divisionnaire Aboubacar Fabou Camara, Directeur central de la Police Judiciaire (DPJ), et le commandant Mohamed Lamine Simakan, responsable de la Brigade de Recherche et d’Interpellation (BRI), devaient se présenter au tribunal correctionnel de Dixinn ce jeudi, 24 septembre 2020.

Ces deux responsables de la police nationale sont poursuivis par Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, respectivement chargés des opérations et des stratégies du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), pour « violences volontaires, atteinte à la vie privée, violation de domicile, destruction de biens ». Des faits prévus et punis par les articles 240, 358, 523, 643, 644, et 647 du code pénal. Mais, les prévenus ont brillé par leurs absences, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché au tribunal de Dixinn.

A l’ouverture de l’audience de ce matin, le juge a commencé par rappeler les faits reprochés aux deux officiers de la police nationale. Ensuite, Charles Alphonse Wright a appelé les prévenus à la barre. Mais, comme à la précédente audience, les prévenus ont brillé par leurs absences.

Après cette brève introduction du juge, le procureur de la République près du TPI a précisé que ce dossier a été porté à la justice non pas par son parquet ; mais, par les plaignants. Et, Sidi Souleymane N’Diaye a clairement demandé au juge de déclarer le tribunal de Dixinn incompétent pour que cette affaire soit portée à la Cour d’Appel. « Conformément à la législation en vigueur, ce dossier devrait être jugé à la Cour d’Appel », a indiqué le procureur, avant de demander au juge de déclarer son tribunal incompétent.

Mais, dans sa réponse, le juge Charles Alphonse Wright a demandé à entendre les avocats de la partie civile, avant de prendre sa décision.

Prenant la parole, Me Antoine Pépé Lama, un des avocats du FNDC, a invoqué l’article 14 du code de la procédure pénale pour indiquer que ce tribunal est bien compétent, au regard des infractions commises par les prévenus. « Le TPI de Dixinn est bien placé à juger de cette affaire. Dès lors que monsieur le procureur n’a pas versé au dossier de la procédure l’habilitation de poursuivre, nous vous demandons, monsieur le président, de rejeter les réquisitions de monsieur le procureur », a demandé cet avocat de la partie civile.

Abondant dans le même sens, Me Salifou Beavogui s’est dit étonné du comportement du procureur Sidi Souleymane N’Diaye. Selon lui, au lieu de rester dans son rôle de ministère public, « le procureur se défend et cherche à défendre le commissaire Aboubacar Fabou Camara et son homme de main. Donc, c’est à la requête du procureur. Nous avons les mêmes documents de base. À l’instant, monsieur le président, je suis surpris de l’attitude du procureur de la République qui produit ce matin des informations sans fondement juridique. Monsieur le président, nous vous prions de rejeter cette incompétence du tribunal, soulevée par le procureur. D’ailleurs, votre tribunal devait décerner un mandat d’arrêt contre le commissaire Aboubacar Fabou Camara et son le commandant de la BRI », a lancé Me Salifou Béavogui.

Finalement, le Charles Alphonse Wright a suspendu les débats pour quelques minutes. Il a promis de trancher dès la reprise.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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