Onze ans depuis que les crimes du 28 septembre ont été perpétrés, le régime d’Alpha Condé refuse de rendre justice. Il n’y a même aucun espoir de voir un procès dans un court délai puisque certains inculpés continuent d’occuper de hautes fonctions au sein de l’appareil d’Etat. Mais, pour ne pas garder le silence à l’occasion de la date anniversaire des massacres, les représentations diplomatiques des Etats-Unis, de la France et de l’Union européenne ont publié un communiqué laconique pour constater qu’il devrait y avoir justice pour les victimes…

Pour rappel, au lendemain de la mort du Général Lansana Conté, le deuxième président de la Guinée indépendante (le 22 décembre 2008), une junte militaire, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, a pris le pouvoir qu’elle a promis de rendre à l’issue d’une élection présidentielle libre et transparente, à laquelle aucun de ses membres ne sera candidat. Mais, quelques mois après, le chef de la junte change de discours et menace de se porter candidat. Ce qui a irrité les leaders politiques et sociaux qui forment alors une coalition contre les putschistes, un peu comme le FNDC d’aujourd’hui contre le refus du président Alpha Condé de quitter le pouvoir au bout de ses deux mandats légaux…

Le 28 septembre 2009, cette coalition contre la confiscation du pouvoir organise un meeting au stade du 28 septembre, à Conakry, en réaction à un autre organisé par des cadres partisans des putschistes qui voulaient confisquer le pouvoir. Et, la junte militaire interdit le rassemblement politique, avec le prétexte que cette date était l’anniversaire du vote de la Guinée contre la France coloniale.

Mais, les organisateurs décident de braver cette interdiction. Face à la déferlante humaine, une féroce répression est exercée : plus de 150 personnes ont été tuées, des centaines de blessés et de nombreuses femmes et filles violées en public et en plein jour au stade. Ce qui entraînera une forte émotion au sein de l’opinion nationale et internationale. Et, la junte ne survivra pas à ce massacre puisque moins d’un mois après, c’est le capitaine Moussa Dadis Camara qui se fera tirer dessus par son ancien aide de camp (le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba) qu’il aurait voulu livrer comme unique coupable de ces crimes.

On connaît la suite, Moussa Dadis Camara sera évacué d’urgence au Maroc, puis contraint de vivre en exil au Burkina Faso, le temps d’organiser l’élection présidentielle qui permettra à Alpha Condé (un des principaux organisateurs de la manifestation) d’accéder à la présidence de la République. Mais, au lieu de juger les coupables et rendre justice aux victimes, le nouveau chef d’Etat se fera entourer par des personnes inculpées dans ce dossier qui ne connaîtra pas d’évolution véritable pendant ses dix ans de gouvernance.

Aujourd’hui, c’est l’ancien opposant qui fait face à une autre coalition contre sa volonté de confisquer le pouvoir au-delà des deux mandats légaux. Les manifestations contre sa volonté de violer et de changer la constitution guinéenne qu’il a pourtant juré de respecter et de faire respecter (en 2010 et 2015) ont déjà entraîné des répressions meurtrières avec un bilan de plusieurs dizaines de morts… Mais, les ambassades occidentales s’expriment sur les crimes du 28 septembre comme un simple constat du retard et une exhortation de voir la justice s’accomplir…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, ce communiqué laconique des représentations diplomatiques des Etats-Unis, de la France et de l’Union européenne :

Communiqué transmis par l’ambassade des Etats-Unis en Guinée

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