Le blanchiment de capitaux résultant de la corruption dans les secteurs privés de l’immobilier et des négociants en pierres et métaux précieux préoccupe l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT). C’est dans ce cadre qu’elle a réuni plusieurs acteurs concernés ce mardi, 29 septembre 2020, à Conakry, pour échanger autour de la question, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La loi anti-blanchiment d’argent ainsi que les conventions et traités internationaux sont peu connus des Guinéens en général et ceux du secteur privé en particulier, à cause de sa non vulgarisation et de sa non formalisation. Pour pallier cet état de fait, l’Association Guinéenne pour la Transparence (AGT), avec l’appui technique et financier de l’ONG OSIWA Guinée, a lancé ce mardi un atelier d’échange avec les acteurs du domaine minier et celui de l’immobilier.

Oumar Kanah Diallo, président Association Guinéenne pour la Transparence (AGT)

Selon Oumar Kanah Diallo, le président de l’AGT, cette rencontre consiste à partager avec les participants, le contenu du projet de lutte contre le blanchiment de capitaux résultant de la corruption dans les secteurs privés de l’immobilier et des négociants en pierres et métaux précieux. Mais aussi, les sensibiliser sur les défis et avantages de la mise en œuvre du processus de conformité dans la lutte contre le blanchiment de capitaux.

« Le but de ce projet est d’avoir un secteur privé engagé dans l’avancement et la mise en œuvre des normes et recommandations de lutte contre le blanchiment de capitaux pour mettre fin aux flux financiers résultant de la corruption qui doit obligatoirement inclure la mise en place des organes de supervision pouvant procéder à l’identification des clients, de leur profil, de la nature des transactions, des bénéficiaires effectifs, des personnes politiquement exposées, etc. », a-t-il expliqué.

Conscient que le blanchiment d’argent commence à prendre une ampleur considérable dans notre société, le secrétaire général de l’union nationale des orpailleurs de Guinée (UNOG), Karifa Condé, a fait savoir que l’exploitation minière traditionnelle se fait par des méthodes formelles et aussi informelles, donc de manière illégale.

Karifa Condé, secrétaire général de l’union nationale des orpailleurs de Guinée (UNOG)

« L’exploitation minière artisanale et la porosité des frontières nationales offrent la possibilité d’un flux transfrontalier illégal de ces minerais et posent des défis de taille au gouvernement en matière de contrôle. Au regard de cette triste réalité, on peut en déduire que la loi anti-blanchiment et les règlements internationaux de la Guinée manquent d’efficacité dans leur application. Et, c’est en ce sens que l’initiative de l’Association Guinéenne pour la Transparence est vivement salutaire », a-t-il estimé, avant de rassurer de l’engagement des orpailleurs à soutenir l’initiative de lutte contre le blanchiment de capitaux dans leur secteur.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cet atelier, le coordinateur national de l’évaluation nationale des risques du blanchiment de capitaux et financement du terrorisme en Guinée, a rappelé que dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la Guinée avait été évaluée en 2012. Et à l’époque, Elhadj Amadou Talibé Diallo dit avoir été surpris que les personnes évoluant dans le secteur minier n’aient aucune notion sur le blanchiment de capitaux.

Elhadj Amadou Talibé Diallo, président du CENTIF

« Aujourd’hui, on est en train de faire des pas en avant dans le cadre de la lutte contre ce fléau parce que le secteur de négociants en métaux précieux constitue un maillon extrêmement important dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux dans notre pays. Nous sommes un pays minier, et les pays miniers constituent des attractions très fortes pour les blanchisseurs. Généralement, c’est des gens qui ne passent pas par le système financier international. Ils viennent directement avec le cash. Si aujourd’hui vous qui êtes des acteurs dans ce secteur, vous savez que quelqu’un qui vient avec une valise de dollar ou d’euro vous pouvez vous posez la question de savoir d’où cet argent vient, ça nous rassure », a-t-il dit.

Selon monsieur Diallo, l’introduction des masses d’argent issues du blanchiment a des conséquences dans l’immédiat et dans l’avenir puisque cet argent peut provenir d’actions criminelles, comme le trafic humain, la vente d’armes, de la drogue, etc.

A noter que la première journée de cet atelier d’échange, qui va durer deux jours, a regroupé 15 acteurs évoluant dans le domaine minier. Demain, mercredi, ça sera au tour de ceux du secteur immobilier d’être outillés sur le sujet.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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