Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

« En période électorale, il y a des émotions, des passions et des rêves. Il faut mettre la balle à terre… Qu’ils cessent de diviser les ethnies du pays… Si j’avais les moyens, j’allais prendre tous les extrémistes de la République de Guinée pour les mettre dans un avion pour les emmener à Kigali (au Rwanda) visiter le Musée du génocide. Quand ils auront visité le musée du génocide, ils reviendront avec une autre idée, une autre impression, une autre culture et ils seront les ardents défenseurs et pionniers de la paix, de l’unité nationale et de la cohésion sociale », a notamment dit le journaliste Amadou Diouldé Diallo à un journaliste de Guineematin.com qu’il a reçu à Dalaba.

Le Célèbre journaliste sportif et historien, Amadou Diouldé Diallo, est en tournée dans la région de la Moyenne Guinée. La démarche vise à sensibiliser pour l’union entre les fils et filles du pays dans un contexte de tensions sociopolitiques qui ont entraîné des affrontements parfois mortels. La visite du doyen Diouldé a également pour objectif de rencontrer les sages du Fouta Djallon pour approfondir ses recherches en Histoire sur la région. C’est ce qu’il a confié au correspondant de Guineematin.com basé dans la région de Mamou, qui l’a rencontré à Dalaba.

Mais, avant d’arriver à Dalaba, le journaliste-historien a fait  une visite de courtoisie à l’inspecteur régional des affaires religieuses de Mamou, Elhadj Amadou Kolon Barry, et Elhadj Ibrahima Sankaréla Diallo, secrétaire préfectoral de la ligue islamique. Il a continué son périple à Pita, Labé et aujourd’hui à Lélouma.

Alors qu’il se trouvait dans la préfecture de Dalaba, avant les violences préélectorales enregistrées ces derniers jours (à Labé, Dalaba et Faranah), cette bibliothèque vivante a accordé un entretien à la rédaction régionale de Guineematin.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes en tournée dans l’arrière-pays depuis quelques jours. Quelles en sont les raisons ?

Amadou Diouldé Diallo : je suis là dans le cadre de la nouvelle dynamique que je veux impulser aux recherches Historiques du Fouta Djallon en particulier et de la Guinée en général. J’ai monté une agence de Communication qui va s’intéresser au Sport, à la Culture et à l’Histoire. Et, comme vous le savez, l’Histoire du Fouta me tient à cœur.

Guineematin.com : Qu’est ce qui motive votre visite chez les sages de la Moyenne Guinée, notamment ici à Dalaba ?

Amadou Diouldé Diallo : Nous sommes au Fouta ; mais, le Fouta ne nous appartient pas ! Le Fouta appartient à nos pères, à nos grands pères, à ceux qui incarnent aujourd’hui les vertus et les valeurs cardinales du Fouta. N’oubliez pas que le Fouta est une terre d’Islam par excellence. Donc, ce sont ces notables, ces sages qui incarnent aujourd’hui le visage de la région.

Guineematin.com : Quel regard portez-vous sur la situation sociopolitique de notre pays ?

Amadou Diouldé Diallo : Nous devons prôner la paix ! Aucun guinéen n’est supérieur à un autre guinéen. Nous devons nous enrichir de nos diversités. La multiplicité des langues doit déboucher sur l’unicité de langage. Nous sommes Peul, Soussou, Malinké et Forestier par le fait de l’histoire. Nous sommes dans un pays qu’on appelle République de Guinée ; donc, nous sommes guinéens, justiciables devant la loi, égaux devant la loi, devant être sanctionnés négativement ou positivement en fonction du travail que nous avons fait et en fonction de notre taux d’utilité sociale ou en fonction de notre nuisance sociale. Il n’y a pas d’autres variantes ou alternative. Moi, si j’avais les moyens, j’allais prendre tous les extrémistes de notre pays pour les mettre dans un avion pour les emmener à Kigali (au Rwanda) visiter le Musée du génocide. Quand ils auront visité le musée du génocide, ils reviendront avec une autre idée, une autre impression, une autre culture et ils seront les ardents défenseurs et pionniers de la paix, de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Visitez le Musée du génocide, vous verrez des crânes de huit cent un millions de morts, vous prônerez  la paix pour toujours.

Guineematin.com : Pour vous, que représentent les sages ?

Amadou Diouldé Diallo : Les sages, les imams sont des leaders d’opinion incontournables qui ont donc une influence de par le message qu’ils véhiculent, qui sont de courroies de transmission entre les citoyens et le pouvoir public. Par conséquent, on doit les écouter… Je ne peux rien entreprendre dans l’histoire du Fouta sans venir aussi demander leurs bénédictions. Nous sommes fils de tradition et nous devons boire la liqueur de la tradition, en intégrant les éléments positifs de nos traditions. Ne perdons pas nos repères ! Puisque si nous perdons nos repères, on est homme physiquement arrêté ; mais, à l’intérieur, rien ! C’est pourquoi, il faut venir à l’école, sur les traces laissées par les ancêtres.

Guineematin.com : Quel est votre message à l’endroit des leaders politique avec la campagne électorale qui commence à dégénérer ?

Amadou Diouldé Diallo : En période électorale, il y a des émotions, des passions et des rêves. Il faut mettre la balle à terre. Chacun est libre d’aller voter pour le candidat de son choix, dans la paix, dans la tranquillité. Mais, que personne n’en veuille à l’autre parce que il n’est pas avec toi. Qu’ils cessent de diviser les ethnies du pays. S’il faut diviser un Condé qui vit avec un Barry en Moyenne Guinée depuis 5 siècles ou un Diallo qui vit avec un Kamano de la Guinée forestière, c’est dommage et inacceptable. Quand on est leader, on doit choisir les mots à placer dans son discours. Il faut véhiculer un discours mobilisateur, fédérateur…

La paix  n’a pas de prix, il faut absolument la préserver ! Mais, pour la préserver, ça suppose la justice, l’équité. Lorsqu’il n’y a pas de justice, il  n’y aura pas de paix. Que la compétence soit l’étalon de mesure de choix des hommes, que l’administration ne soit pas clanique et tribale.

Propos recueillis par Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

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