C’est une véritable galère pour les ménages à Siguiri où le charbon de bois (principale source d’énergie pour la cuisine) est vendu à prix d’or ! Dans cette préfecture de la Haute Guinée, un sac de ce précieux combustible se négocie actuellement entre 100 mille et 120 mille francs guinéens. Un prix très élevé et qui pèse lourd sur les maigres économies des familles, quand on sait que le citoyen lambda tire actuellement le diable par la queue dans cette zone aurifère, rapporte un des correspondants de Guineematin.com en Haute Guinée.

En Guinée, l’utilisation du charbon de bois pour la cuisine est une chose très rependue, notamment en milieu urbain. Le gaz est très peu ou pas connu dans les ménages ; et, il coûte cher. L’utilisation des réchauds électriques est peu répandue. Ainsi, le charbon de bois est le combustible privilégié des familles. Car, c’est un combustible facile à trouver et à moindre coût.

A Conakry, le sac de charbon de bois se vend à 35 mille francs guinéens ; alors que dans certaines villes de l’intérieur du pays, le même sac s’achète à 20 mille ou 25 mille (à la rigueur). Mais, dans la préfecture de Siguiri, le sac de charbon de bois se négocie aujourd’hui entre 100 mille et 120 mille francs guinéens. Et, selon les vendeuses de charbon dans cette zone aurifère où la végétation est sérieusement menacée, ce prix très élevé serait dû au fait qu’il est désormais interdit la coupe du bois à Siguiri.

« Le charbon vient actuellement de Oulada (dans la préfecture de Dabola) et de Kouroussa. Sinon, avant on achetait un sac entre 30 mille et 40 mille francs ; mais, maintenant, ils nous parlent de 80 mille francs. On est obligé d’acheter à ce prix, sinon ils (les fournisseurs) vont envoyer les sacs à Bouré (Kintinian). A cela s’ajoute aussi les taxes. Donc, c’est pourquoi nous aussi on vend le charbon à un prix très élevé », a expliqué Fatoumata Camara, une vendeuse de charbon approchée par la rédaction de Guineematin.com dans la région de la Haute Guinée.

Abordant dans le même sens, cette autre vendeuse de charbon, Fatoumata Magassouba, laisse entendre que ce sont surtout les tracasseries des agents des eaux et forêts pendant le transport qui font monter le prix du sac de charbon dans la commune urbaine de Siguiri. « C’est le service eaux et forêt qui nous fatigue trop souvent. On leur paye plus de 100 mille francs, selon le nombre de sacs. Et, on achète le charbon à 80 mille francs le sac. Donc, ce n’est pas notre faute si on revend plus cher », a-t-elle confié.

Rencontré par notre rédaction régionale, le chef de la brigade de lutte contre les criminalités sur la faune et la flore de Siguiri, Mouctar Doumbouya, a réfuté les accusations portées sur les agents des eaux et forêts pour justifier le prix élevé du charbon de bois dans cette préfecture.

« De juillet à septembre, c’est le repos biologique ; car, c’est le moment de reproduction pour ces espèces. Mais, au-delà ça, toute activité d’exploitation de la forêt est interdite à Siguiri. Car, nous sommes à une zone rouge… Donc, ce n’est pas à chez nous ici qu’il prenne ces papiers de taxe ; peut-être, c’est à leur point d’achat. Nous-mêmes on accepte ces papiers seulement pour ne pas punir trop la population », a indiqué Mouctar Doumbouya.

Quoi qu’il en soit, ce prix qui dépasse déjà la barre de 100 mille francs guinéens pose lourd sur les maigres économies des ménages de Siguiri en cette période de grosse galère en Guinée. Car, le prix du sac de charbon de bois actuellement pratiqué sur le marché, représente la dépense de jour pour certaines familles.

Mamadi Konoma Keita pour Guineematin.com

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