Impact du Covid-19 en Guinée : plus de 17 milliards de pertes subies par les tenanciers des lieux de loisir

Sacko Valy, président de l’Association des Tenanciers des Bars, Motels, Restaurants et Night Clubs

Les tenanciers des lieux de loisir ont subi un sérieux coup suite à l’avènement de la pandémie du coronavirus en Guinée. L’arrêt de leurs activités, provoqué par cette maladie, a entraîné des pertes estimées à plus de 17 milliards de francs guinéens. C’est le président de l’association guinéenne des tenanciers des bars, motels, restaurants et night clubs qui l’a annoncé au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com hier, vendredi 9 octobre 2020.

La nouvelle a été brusque pour tous les tenanciers des lieux de loisir. Ces derniers ne s’entendaient pas du tout à la fermeture totale des bars, motels, restaurants et night clubs. Une décision qui s’inscrivait dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, décrété le 26 mars 2020 en Guinée. Prévu dans un premier temps pour deux semaines, cette fermeture a duré finalement 6 mois environ. Un véritable cauchemar par les promoteurs de ces différents établissements, qui ont subi des pertes énormes.

« La période passée a été très critique pour tous les tenanciers des lieux de loisir. On tirait le diable par la queue. Parce qu’un entrepreneur qui fait déjà 5 mois sans fonctionner, sans faire entrer de l’argent et qui ne fait que dépenser, vous savez ce que ça fait. Donc, ce n’était pas chose facile. C’était une perte énorme, parce qu’on continuait toujours à payer la location des lieux qui abritent nos activités, on a toujours continué à payer l’eau et l’électricité, on payait nos travailleurs qui étaient au chômage.

En plus de cela, nous avons perdu nos stocks, qui étaient composés de la viande, du poisson, de la pomme de terre, des boissons. Ces pertes sont évaluées à plus de 17 milliards de francs. Personnellement, j’avais 10 sacs de pomme de terre et une cinquantaine de cartons de poulets qui étaient stockés dans mon magasin. J’ai dû jeter tout cela, parce que c’était pourri. Donc, la perte est vraiment énorme », a indiqué N’Valy Sacko, le président de l’association guinéenne des tenanciers des bars, motels, restaurants et night clubs.

Le 22 septembre dernier, un communiqué de la présidence de la République a autorisé la réouverture des lieux de loisir. Mais, selon N’Valy Sacko, certains membre de l’association qu’il dirige n’ont pas pu reprendre service, parce qu’ils ont complètement fait faillite. « Malgré le fait que les activités ont repris, il y a plein de motels qui ne pourront plus fonctionner, parce qu’ils ont endettés jusqu’au cou. Il y a certains qui paient le loyer jusqu’à 40 millions par mois. Donc, avec l’arrêt prolongé des activités, ils ne peuvent pas s’en sortir », a-t-il confié.

Dans son plan de riposte économique au Covid-19, le gouvernement guinéen avait annoncé une assistance financière au secteur privé pour lui permettre d’atténuer les pertes subies. Mais monsieur Sacko indique que son association n’a rien reçu jusque-là. Une situation qu’il n’arrive pas à comprendre.

« Le ministère du tourisme et de l’hôtellerie, qui est notre ministère de tutelle, nous fait toujours croire qu’on allait avoir une subvention de l’Etat pour nous permettre de faire face à cette situation. Mais, jusqu’aujourd’hui, on n’a rien eu. Quand je prends par exemple le ministère de la culture, il a débloqué un fonds pour assister les artistes. Je ne sais pas donc pourquoi nous, on n’a pas bénéficié d’un accompagnement. Nous demandons toujours à ce que l’État nous vienne en aide pour qu’on puisse se relever. Nous sommes des entrepreneurs, s’il y a un fonds qui est prévu pour les PME, on doit en bénéficier », a lancé le président de l’association guinéenne des tenanciers des bars, motels, restaurants et night clubs.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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