Les populations guinéennes ont désormais le regard tourné vers le scrutin présidentiel de ce dimanche, 18 octobre 2020, en Guinée. Un scrutin lors duquel plus de 5 400 000 électeurs sont appelés à choisir entre « le changement de la continuité (prôné par le président Alpha Condé, à la tête de la Guinée depuis 2010) » et « l’alternance (prônée par l’opposition) ». Mais, les violences enregistrées dans certaines localités du pays lors de la campagne électorale laissent planer d’étranges sentiments au sein de l’opinion nationale.

Lors d’un micro trottoir ce samedi, Guineematin.com a donné la parole à quelques habitants de Conakry. Entre jouie et peur, optimisme et crainte… ces guinéens ont exprimé leurs attentes pendant ce scrutin et durant la période préélectorale. Ils invitent la CENI (commission électorale nationale indépendante), les candidats et l’ensemble des acteurs engagé dans ce processus électoral à plus de responsabilité et à la préservation de la paix.

Mohamed Condé, surveillant général dans une école de la place

Mohamed Condé, surveillant général dans une école de la place : C’est un sentiment de satisfaction et de joie qui m’anime. Parce qu’aller voter, c’est un devoir citoyen. Nous irons choisir notre candidat. Mon deuxième sentiment est que Dieu le tout-puissant fasse que les élections se passent dans les meilleures conditions et que mon candidat soit élu. Si ce n’est pas mon candidat qui est élu, que Dieu que ce soit le candidat pour le bonheur de tous les guinéens. Je demande aux candidats de se contenter du résultat qui sera proclamé par les autorités. C’est tout.

Diallo Kadj Aliou : Pour moi, c’est un sentiment de peur. Pourquoi ? Parce que les élections n’ont jamais été propres en Guinée. Si c’était vraiment une élection libre et transparente, pourquoi les guinéens allaient avoir peur ? C’est là le problème. Et, aujourd’hui, on sait que l’État va difficilement reconnaître sa défaite. Donc, c’est ça qui nous inquiète. Même s’ils perdent, ils vont forcer la situation. Donc, avec ces difficultés là cette élection nous fait peur. La CENI, la Cour constitutionnelle sont dirigées par le pouvoir. C’est ça le problème en Guinée. L’institution n’est pas libre. Si l’institution était libre, rien n’allait inquiéter la population. Mais tout est dirigé par le pouvoir. C’est ce qui nous inquiète. Ce que je demande aux citoyens c’est d’aller voter, faire leurs choix. Mais, la Guinée a besoin d’un changement quand même. Parce qu’on a vu les 10 ans d’Alpha Condé ont été une déception. Il n’y a rien. On a besoin d’un changement.

Saliou Camara

Salifou Camara : C’est un bon sentiment que je ressens. Parce qu’une élection symbolise le changement et la paix. Que Dieu nous épargne de tout ce qui est mauvais. Je demande aux citoyens guinéens d’avoir le courage et la patience, d’aller voter dans la paix. Je demande également aux candidats que tout le monde accepte ce que la CENI va donner comme résultat ».

Moussa Konaté

Moussa Konaté : Je n’ai pas de crainte particulière. Je pense qu’il y a plutôt un vent de panique qui a été inculqué dans la tête des gens par certains leaders politiques. L’élection, c’est les urnes. Ce n’est pas un bain de sang ou tout ce qui peut s’en suivre. Le résultat qui doit être donné par la CENI, qui est un organe indépendant où tous les acteurs politiques sont représentés. La démocratie en tant que telle c’est la liberté de choisir. On fait semblant que nous avons à faire à un vote citoyen démocratique, mais plutôt nous avons à faire à des votes ethniques. Donc ça peut paniquer. La première des choses que j’ai à demander tous les partis politiques, c’est d’éduquer leurs militants, de leur expliquer qu’est-ce que la démocratie, c’est quoi le vote. Il ne s’agit pas d’avoir une foule compacte dans un coin de la Guinée et dire qu’on est majoritaire. En tout cas, moi, je ne vois pas de crainte à partir du moment où au-delà des tensions ethniques qui s’installent des deux côtés, je vois plutôt des petites poches de tensions mais pas crainte réelle. Je sais que ça se finira par des peines, il y aura beaucoup de dégâts matériels. Mais la crainte d’une guerre ou un problème plus grand, je ne le vois pas. Je demande à tous les délégués qui seront dans les bureaux de vote de faire normalement et consciencieusement leur travail, remonter les informations fidèles à chaque parti en temps réel. Je pense que cela va éviter toute sorte de problème.

Mamadou Malal Diallo

Mamadou Malal Diallo : Par rapport aux élections de demain, c’est un sentiment de plaisir et d’espoir. Parce que les guinéens veulent l’alternance démocratique à laquelle tout le monde s’attend. Ce que je demande aux citoyens de Guinée, c’est un message de civisme et de paix. Il suffit que chacun de nous prenne sa carte d’électeur et se rendre dans les bureaux de vote pour choisir son candidat. Je pense que c’est simple ça, surtout avec un comportement souhaitable. C’est un vote pour le bonheur de la Guinée, un vote pour la génération actuelle, un vote pour nos enfants de demain aussi. J’invite les délégués d’être vigilants par rapport aux suffrages qui sortiront des différents bureaux de vote. Tous les partis doivent être informés des résultats avant que la CENI ne rassemble les procès-verbaux. Donc, avec ça, tout le monde pourra faire une tendance. J’invite les candidats et les autorités à la plus grande responsabilité.

Propos recueillis et décryptés par Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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