En plénière hier, mardi 10 novembre 2020, les députés ont autorisé à l’unanimité la loi portant ratification du traité portant création de l’agence africaine du médicament (AMA). Mais avant, les parlementaires ont saisi l’occasion pour poser quelques questions au ministre de la santé, le Colonel Rémy Lamah, liées à l’accès des populations aux médicaments de qualité et au prix abordable.

Le ministre, sans langue de bois, a entamé ses propos pour donner les statistiques liées au décès provoqué par les faux médicaments ou aux médicaments falsifiés.

Colonel Rémy Lamah, ministre de la santé

« Plus de 100 mille cas de décès par an sont enregistrés à cause de faux médicaments ou aux médicaments falsifiés ». Pour pallier à la mesure, l’Etat a pris des dispositions par la mise en place d’une centrale d’achat qui ravitaille tout le pays, selon le médecin-colonel.

Pour réussir l’assainissement du marché de médicaments, le gouvernement a fourni de gros efforts, soutient le ministre de la santé. « Pour les agréments, plus de 160 grossistes ont été recensés en Guinée. Vu ce qui se passe dans les pays voisins comme le Sénégal, le Président a décidé la sélection de trois sociétés grossistes pour le marché guinéen. A la fin, il a été constaté que seules les multinationales allaient être sélectionnées. Une commission a été finalement mise en place avec des critères. Ce qui a permis de sélectionner 50 sociétés grossistes et finalement 10 parmi elles sont soumises à l’appréciation du Chef de l’Etat. Donc, actuellement, ce sont 50 sociétés grossistes qui importent le médicament en Guinée », a expliqué le ministre de la santé.

De l’histoire des trois cent (300) conteneurs de faux médicaments qui avaient défrayé la chronique, le ministre Rémy Lamah, a rappelé le caractère paradoxal du guinéen qui réclame à la fois une chose et son contraire.

« Ces 300 conteneurs ont suscité beaucoup de commentaires. Mais comme vous le savez, ce n’est pas facile dans notre pays… Finalement grâce à la médicrime (la brigade de lutte contre les faux médicaments), certains produits impropres ont été saisis et vont être incinérés très prochainement. Il est à signaler que le rapport qui va lier la Médicrime et l’AMA réside dans ce sens d’ailleurs. La brigade médicrime va lutter contre l’importation des faux médicaments. Et L’AMA va permettre la mise en place d’une centrale d’achat de médicaments à bon prix dans tous les pays membres », a tenu à souligner le chef du département de la santé.

Avant de finir son intervention, le Colonel Rémy Lamah a expliqué l’épineux problème rencontré par son département dans le déploiement du personnel de la santé et de la pharmacie dans l’arrière pays. « La plupart des pharmaciens, cherchent à s’installer dans la capitale ou dans les chefs lieu de région. C’est la même chose pour les médecins. Il va falloir que le Parlement nous vienne en aide », a indiqué le ministre.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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