Depuis plusieurs jours, les attaques contre les éleveurs de la sous-préfecture de Koumban suscite des débats en Guinée. Sur des vidéos et des images qui circulent sur les réseaux sociaux, on voit des jeunes en train de transporter des morceaux de viande. Quelques jours après ces attaques (qui se seraient produites entre le 26 et 29 octobre 2020), les victimes ont dressé un inventaire des dégâts enregistrés, parlant de plus de 350 bétails tués. Mais, pour sa part, le maire de la commune rurale de Koumban jure que ce sont seulement 14 bœufs qui ont été tués, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Alors que les éleveurs occupent cette sous-préfecture en commun accord avec la notabilité depuis le mois de mai dernier, ils ont été sommés de quitter les lieux en période de campagne. Après les menaces, certains citoyens de Kankan sont passés aux actes en prenant pour cibles les éleveurs et leurs bétails. L’inventaire dressé par les victimes fait froid dans le dos.

Nafina Mady Condé, maire de la commune rurale de Koumban

Mais, interrogé dans ce dossier, Nafina Mady Condé, maire de la commune rurale de Koumban, conteste la version des victimes et minimise. Sur la genèse de ces attaques, monsieur Condé explique que tout est parti d’un conflit entre éleveurs et agriculteurs. « Il y a un troupeau qui se trouve dans la brousse ici, ils sont là depuis maintenant deux ans. J’ai été élu maire et j’ai trouvé ces bœufs là-bas. Le bruit qui en est sorti est dû au fait que le domaine où se trouve le troupeau est une zone cultivable. Les propriétaires sont venus me voir pour dire qu’ils ont besoin du domaine, alors qu’il y a des bœufs là-bas. Pour une première fois, je n’ai rien fait parce que je les ai trouvés là-bas, je ne peux pas tout de suite m’imposer sur eux. Une fois, j’ai envoyé des jeunes là-bas pour leur dire que la population réclame le domaine, donc qu’ils cherchent un autre lieu pour que les gens puissent cultiver. Ils ont dit qu’après deux mois ils vont libérer ; mais, les deux mois sont passés et ils n’ont pas libéré les lieux. A cette saison sèche encore, la population a dit qu’elle a besoin du domaine ; donc, comme ils ne veulent pas libérer, qu’ils vont utiliser la force, le sous-préfet et moi on les a sensibilisés ; mais, ils ne nous ont pas écoutés. Finalement les citoyens étaient déjà décidés. Nous leur avons dit alors d’aller doucement avec les bœufs, ils sont allés pour les dégager du domaine et c’est là que ça a dégénéré », a expliqué le maire.

Concernant le lourd bilan dressé par les victimes, Nafina Mady Condé a essayé de dédramatiser en parlant de « seulement » 14 bœufs tués. « Trois jours après l’acte, la préfecture a délégué des agents de l’élevage qui sont venus et sont partis sur le lieu où l’acte s’est produit. Ils m’ont rapporté qu’ils ont compté 14 bœufs morts », dit le maire de Koumban.

A rappeler que si les citoyens de la commune urbaine de Kankan s’indignent et condamnent cette attaque contre les éleveurs de Koumban, les autorités de Kankan, elles, continuent de donner leurs langues aux chats sur cette affaire qui fait pourtant grand bruit.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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