Dr Mamadi Kaba, président pour la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDA)

Depuis quelques jours, on assiste à une véritable chasse aux opposants en Guinée. Déjà, plusieurs leaders de l’Union des forces démocratiques de Guinée (principale formation politique d’opposition au régime Alpha Condé) et de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) sont détenus à Direction centrale de la police judiciaire (DPJ) à Conakry. Et, ces arrestations (qui ont tout l’air d’un règlement de compte politique orchestré par le pouvoir d’Alpha Condé) inquiètent le président de la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDA).

Dans un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com hier, vendredi 13 novembre 2020, Dr Mamadi Kaba a appelé à la fin de ces « arrestations arbitraires ». Ce défenseur des droits de l’Homme assure que la Guinée marche constamment sur des œufs et alerte sur le risque que notre pays, la République de Guinée franchisse le rubicond.

Selon l’ancien président de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH), ces arrestations qui s’opèrent actuellement en Guinée ne sont pas de nature à apaiser la crise qui frappe le pays depuis la tenue de la présidentielle du 18 octobre dernier.

« Nous sommes très inquiets, très préoccupés par la situation. Depuis la fin des élections, nous courons le risque d’une crise post-électorale extrêmement grave. Et, je pense que ces arrestations qui sonnent comme une volonté d’intimidation ne sont pas de nature à apaiser le climat social. Nous avons besoin d’apaisement. Actuellement, tous les actes qui vont dans le sens de l’apaisement sont les bienvenus ; mais, tous les comportements qui jettent de l’huile sur le feu sont à bannir. Aujourd’hui, la situation est hautement sensible. Et, je pense qu’il est de la responsabilité de monsieur le président de la République de prendre sur lui, en tant que garant de l’unité nationale, de la paix civile, de travailler à l’apaisement, à créer les conditions d’un dialogue franc et sincère devant aboutir sur de véritables réformes ; je dirais même une véritable refondation de l’Etat guinéen afin de parvenir à consolider les acquis de la démocratie », a dit Dr Mamadi Kaba.

Pour éviter à la Guinée de « basculer dans l’inconnue », le président de la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDA) invite la justice guinéenne à éviter « une chasse aux sorcières ». Dr Mamadi Kaba sollicite aussi une implication plus sérieuse de la communauté internationale dans la situation actuelle du pays.

« J’interpelle encore une fois la communauté internationale. Elle a déjà beaucoup fait depuis 2010 pour empêcher que la Guinée ne bascule dans l’inconnue ; mais, je pense que son travail n’est pas encore fini. Parce que la Guinée continue de marcher sur les œufs. Même si jusque-là on en n’a pas encore cassé ; mais, nous ne sommes pas très loin de franchir le rubicond. Alors, il faut que la communauté internationale reprenne son bâton de pèlerin et s’implique plus sérieusement en République de Guinée afin que nous ne basculions pas dans l’inconnue. J’appelle l’ensemble des acteurs de la vie politique à faire preuve de la plus grande retenue possible. Et aussi, la justice de notre pays, à avoir des comportements qui ne doivent pas être interprétés comme une chasse aux sorcières ou comme si elle était au service des intérêts politiques d’un camp ou d’un autre», a indiqué Dr Mamadi Kaba.

Enfin, le président de la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDA) menace de porter plainte contre l’Etat guinéen si les abus actuels ne cessent pas dans le pays. « Aujourd’hui, nous avons très peu de moyens. Mais, si la situation se rapproche davantage d’une crise plus profonde, il n’est pas exclu que nous nous associons aux victimes pour saisir les juridictions internationales contre la Guinée », a prévenu Dr Mamadi Kaba.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél : 621 09 08 18

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