Jacques Gbonimy, président de l’UPG

Les réactions se multiplient au sein de la classe politique guinéenne, suite à l’interview du président français publiée hier, vendredi 20 novembre 2020, par Jeune Afrique. Une sortie médiatique dans laquelle Emmanuel Macron a exprimé son opposition à la décision de son homologue guinéen de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir.

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce samedi, Jacques Gbonimy, président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) et membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), a salué cette prise de position du président français, même s’il la trouve tardive.

« En tant que politique, on s’attendait à une réaction de ce genre de la part d’une personnalité étrangère, surtout une personnalité comme monsieur Macron, qui est le président de la puissance qui a colonisé la Guinée. Ils avaient tous condamné la façon dont les élections se sont déroulées en Guinée, mais après les résultats donnés par la CENI et confirmés par la Cour constitutionnelle, aucune de ces puissances n’avaient eu une réaction dans le sens de ce qu’ils avaient déjà annoncé jusque après le scrutin.

Donc, faire aujourd’hui une réaction comme ça ne nous surprend pas, seulement que ça vient tardivement. Ça a l’air d’être une annonce comparative par rapport à ce qu’ils envisagent pour la Côte d’Ivoire et ce qu’ils envisagent pour la Guinée. De toutes les façons, nous apprécions à sa juste valeur cette déclaration, bien qu’elle soit tardive. Et, nous pensons que ça fait un plus dans le combat que nous sommes en train de mener », a déclaré l’opposant.

Par ailleurs, cet ancien commissaire à la CENI a réagi à la récente sortie du président Alpha Condé, qui dit tendre la main à ses adversaires. Une simple façade, selon Jacques Gbonimy. « Malgré les mains tendues que nous avons apprises sur les ondes, rien de clair ne se passe. On passe plutôt par l’intimidation, par les emprisonnements, par les arrestations arbitraires. Nous pensons que notre pays doit aller au-delà de ça. C’est vrai que nous sommes dans une situation conflictuelle, parce que c’est une crise post-électorale.

Mais, il faudrait que les comportements soient inscrits dans le cadre d’un apaisement et que les droits de chacun soient reconnus en tant que tels. Ce n’est pas par les intimidations qu’on va résoudre le problème. S’il y a une main tendue, que la main tendue soit franche et non une main tendue de façade, où on profite pour intimider et pour emprisonner les cadres de l’opposition. Donc, nous sommes contre ces arrestations et nous exigeons vraiment la libération de ces personnes qui ont été incarcérées injustement pour que la Guinée puisse aller de l’avant », a dit le président de l’UPG.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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