Jacques Gbonimy, président de l’UPG : « la Covid-19 est devenue une maladie politique dans notre pays »

 

Jacques Gbonimy, président de l’UPG

Comme annoncé précédemment, le gouvernement guinéen a annoncé hier, dimanche 22 novembre 2020, l’interdiction de toute manifestation de masse dans tout le pays. Les autorités justifient cette décision par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus et assurent qu’elle sera levée aussitôt que cette maladie sera vaincue. Mais cet argument ne passe pas chez certains opposants, à l’image du président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) et membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD). Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce lundi, 23 novembre 2020, Jacques Gbonimy a dénoncé une décision visant tout simplement à empêcher l’opposition de manifester.

« Si aujourd’hui on pense qu’à cause de la maladie Covid-19 il faut interdire toute manifestation, c’est un peu contradictoire par rapport à tout ce que nous avons vécu lors des élections du 18 octobre, où il y a eu une campagne avec une mobilisation massive, il y a eu des électeurs en rangs très serrés devant les bureaux de vote. On ne sait pas les mobiles réels de cette interdiction, mais je dirais aujourd’hui qu’on profite de la maladie pour interdire tout. Covid-19 est devenue une maladie politique dans notre pays. Il faut condamner cela fermement parce que les manifestations pacifiques sont reconnues par nos lois. Elles doivent être encadrées, être sous la couverture de l’autorité. Aujourd’hui, c’est purement politique d’interdire les manifestations surtout que ce sont des manifestations pacifiques.

Vous vous rappellerez qu’en Guinée, tant que les agents de sécurité ne reçoivent pas de consignes de perturber ou d’étouffer la marche, les manifestations ont toujours été pacifiques. On a marché plusieurs fois sans problème. Donc, je pense que le gouvernement est en train de profiter d’une situation pour interdire les marches et on ne peut pas continuer à vivre dans ça. Il faut mettre fin à cette répression policière, parce que l’objectif de notre marche c’est d’arrêter les arrestations arbitraires, les emprisonnements d’opposants et aussi réclamer la victoire du président Cellou. Si on pense qu’avec ça, il faut l’interdire, alors nous disons que Covid-19 ne doit pas être le motif, parce que nous vivons avec cette maladie depuis près d’un an », a réagi l’opposant.

Le président de l’UPG annonce une réunion d’urgence de l’opposition pour discuter de la suite à donner à cette décision du gouvernement. « Les leaders vont se retrouver et une décision va être prise pour indiquer la suite à donner à cette décision. Il y a une réunion qui est prévue dans ce sens dans la journée de ce lundi », a confié Jacques Gbonimy.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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