A l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mardi, 24 novembre 2020, à Conakry, l’ONG « Amali » qui signifie « Aide là », a présenté un film documentaire sur les violences basées sur le genre. Intitulé « Wämäli » (aidez-la), ce film de 27 minutes environ contient des témoignages de victimes, des explications de médecins légistes et de psychologues, mais aussi des messages des religieux sur les sujets, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon la présidente de l’ONG Amali (anciennement appelée Association Secours d’Urgence pour l’Emancipation des Femmes), ce travail a débuté par des enquêtes de terrain qui ont duré pendant plus d’un an. Et, l’objectif de ce documentaire est d’attirer l’attention des uns et des autres sur le phénomène des violences basées sur le genre, particulièrement les violences conjugales et les viols, très récurrents dans notre pays.

« Deux raisons fondamentales ont motivé la réalisation du film. C’est d’abord une motivation personnelle et c’est ensuite un constat après une enquête sur le terrain qu’on a effectué entre 2015 et 2016, et qui révèle que 95% d’un échantillon de 500 de femmes interrogées à Conakry et ses alentours, notamment Dubréka et Coyah, étaient victimes de violences. Vous avez toutes les formes de violence auxquelles elles font face, mais les deux qui reviennent le plus étaient les violences conjugales et les viols. C’est à partir de là que nous avons décidé de réaliser ce film », explique Houray Bah.

A travers ce film, Amali compte sensibiliser davantage les auteurs et les victimes des violences faites aux femmes, mais aussi les autorités et toute la société qui reste indifférentes face à ces pratiques néfastes, qui continuent de gangrener notre société. Houray Bah en profite pour inviter les femmes victimes de violences à ne pas garder le silence sur ces situations.

« Il faut que ces victimes sortent de leur silence sinon, elles ne pourront jamais s’en sortir. Moi-même j’en suis une victime, mais je n’ai pas de problème à m’exprimer aujourd’hui, même si j’ai eu du mal à le faire. Ces femmes peuvent commencer par aller vers les ONG. Nous, nous sommes là et il y en a d’autres qui sont là. Ces femmes peuvent également aller vers l’OPROGEM qui est l’entité qui s’occupe des violences faites femmes au niveau de la police judiciaire, et elles peuvent aller même vers les commissariats pour se confier. Ce n’est pas évident mais il faut qu’elles commencent par quelque part », a-t-elle conseillé.

Présent à cette cérémonie, le coordinateur national de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), Lansana Diawara, a félicité Amali pour cette action qu’il trouve courageuse et salutaire. « Ce documentaire réalisé sur fonds propres et basé sur les violences faites aux femmes nous réconforte. Nous les encourageons parce que ce n’est pas facile. Par rapport à nos objectifs, la Maison des Associations et ONG de Guinée ne manquera à accompagner ce genre d’initiatives. C’est quand même brave et courageux qu’une ONG locale, sur fonds propres, réalise un film qui interpelle la conscience collective et c’est quelque chose de très important », a dit l’activiste de la société civile.

Selon l’ONG Amali, ce film documentaire sera présenté au grand public demain, mercredi 25 novembre 2020, au Centre Culturel franco-guinéen de Conakry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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